Portrait d’Asifiwe Odette, la fille des Technologies de l’Information et de Communication (TIC) de l’île d’Idjwi.

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Au centre de l’Afrique, dans le lac Kivu, se trouve la plus grande île intérieure de l’Afrique. Il s’agit de l’île d’Idjwi.  Isolée et enclavée, elle est loin des deux grandes villes du Kivu Goma et Bukavu. Mais elle n’est plus du tout coupée du monde grâce à Internet. Nous sommes partis à la rencontre d’une jeune fille exceptionnelle qui milite et travaille pour une île connectée au monde. Au-delà des constructions sociales encore présentes dans les villages africains, Asifiwe a franchi la barrière et veut la même chose pour toutes ses congénères.  L’accès à l’information est une affaire de tous selon elle.

Asifiwe Odette sur Facebook: https://www.facebook.com/asifiwe.odette

Née et grandie sur l’île, Asifiwe Odette, âgée de 20 ans y a obtenu son diplôme d’État en pédagogie générale en 2016.  Après cela, elle a fait une formation en informatique toujours sur l’île où elle a pu acquérir des connaissances en Ms Windows et Word.  Elle est la cinquième d’une famille modeste de sept enfants tous évoluant sur l’île. Contrairement à la grande majorité des filles de l’île, elle a eu la chance d’accéder à l’éducation et ne compte pas baisser les bras quant au combat pour l’accès équitable aux hommes et femmes à l’éducation et l’information.

Depuis mai 2016, elle travaille dans un projet sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sur l’île. Le projet dispose d’un cyber café dénommé Pamoja net qui offre la connexion internet gratuitement aux insulaires.  Le projet a été négocié par la Chefferie Rubenga au prés de l’association ensemble pour la différence pour aider au désenclavement et au développement de l’île. Pamoja net dispose actuellement de 4 ordinateurs, 5 tablettes et d’une connexion internet de haute qualité grâce à un fournisseur de réseau établit dans la ville de Bukavu.  Elle est la première à être en contact avec les pannes et dysfonctionnement qu’elle tente de résoudre au travers l’ordinateur serveur avant de faire appel au technicien de la maison si elle ne trouve pas de solution.

Odette assure la permanence au cyber café, se charge aussi de la sensibilisation aux TIC et l’encadrement des jeunes filles utilisatrices des TIC. Elle mène des campagnes de sensibilisations dans des écoles et organisations de la place pour expliquer à ses congénères les bienfaits de l’internet à l’ère de la mondialisation. Pendant ses heures de permanence, elle aide les personnes qui veulent créer des comptes sur les réseaux sociaux et autres services de messagerie, et ce, gratuitement.  Au travers ce projet, elle se bat pour que les filles de l’île puissent apprendre l’informatique et utiliser internet aux cotés des hommes.  Elle montre aux filles comment elles peuvent utiliser internet comme source d’information, d’opportunités et de connexion avec le mode extérieur.

Lire aussi un autre projet de l’ONG Rudi International qui encadre les jeunes filles dans les TIC à Goma. https://rudiinternational.org/2017/07/14/introducing-congolese-young-girls-to-the-internet/

Une jeune fille travailler dans un domaine aussi nouveau sur l’île et à tort réservé uniquement aux « hommes » ou aux « Occidentaux » est une tâche pas facile pour Odette.  Elle reçoit des encouragements et en même temps de critiques pour ce fait. Seul le rêve de voir les insulaires, surtout les filles, connectés au monde la motive à continuer la lutte. Elle rêve quitter l’ile pour poursuivre ses études dans le domaine de l’informatique en vue d’accroitre ses connaissances et revenir travailler au mieux pour son île natale.

La premiere version de l’article est sur disponible sur HabariRDC:  https://habarirdc.net/lile-didjwi-asifiwe-odette-veut-filles-accedent-a-internet/

Blaise Ndola

@BlaiseNdola

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Débat autour de la protection de la vie privée et des données privées en ligne dans le contexte RD Congolais. Des victimes de la technophobie? Protégeons nos données.

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La question de « vie privée » sur internet fait la une actuellement en République Démocratique du Congo. C’est quoi la vie privée ? Qui viole la vie privée de qui ? Qui rend publique cette « vie privée » ? Récemment la toile congolaise a été animée par des sextapes, photos et vidéos « intimes » des personnalités politiques et de la société civile tout comme des simples citoyens. Les victimes, encore qu’il faille relativiser leur degré d’implication et/ou de vulnérabilité, ont donné des explications. Que ces dernières soient fondées ou pas, loin de là est ma préoccupation. Une chose est sûre, tout ceci, fait revenir sur la table le débat autour de la protection de la vie privée en ligne et de la protection des données tout court dans le contexte congolais avec un taux de pénétration d’internet encore inférieur à 5%.

@BlaiseNdola

C’est quoi la vie privée ?

Loin de moi l’ambition de vous plonger dans le débat des concepts et encore pas celui de la morale ou des bonnes mœurs. La tendance générale qualifie les données privées toutes ces informations ou correspondances que l’on préfère ne garder que pour soi ou avec la personne dont on partage une certaine intimité.  Ces données constituent donc la vie privée. Cette partie de sa vie que l’on ne veut pas rendre publique pour une raison ou une autre raison.

C’est sont par exemple ces sextapes faites pour « usage personnel », photos montrant des parties intimes du corps, des mots de passes des comptes et cartes bancaires codes secrets de transfert d’argent, correspondances ou informations personnelles qui sont transférés par le canon de l’internet ou alors stockés sur internet, dans des téléphones et ordinateurs.

Qui viole la vie privée de qui et pour quoi ?

Un hacker peut souhaiter accéder dans un compte pour intercepter des transferts d’argent ou tirer des informations privées et correspondances à utiliser pour un chantage.

Aussi, le propriétaire des données par imprudence ou par manque d’informations peut être lui-même à l’origine de la violation de sa vie privée ou lors peut la faciliter en exposant ses données privées.

Quelques astuces élémentaires pour protéger sa vie privée sur internet ?

Digital Security posts

Le cryptage de votre téléphone, tablette, ordinateur ou correspondance vous permet de protéger vos données privées en ligne et hors ligne. Il est difficile de tirer le contenu d’un support ou d’une correspondance crypté sans en avoir la clé de décryptage.  La majorité des victimes des sextapes et photos intimes publiés sur internet disent avoir perdu leurs téléphones dans lesquels se trouvaient ces fichiers « intimes » ou qu’un « man in the middle » aurait intercepté l’envoie de ces fichiers au vrai destinateur.

Parlant des mots des passes, il ne faut pas autoriser au navigateur de les enregistrer, et ce, même si le support utilisé pour se connecter vous appartient. Au delà d’avoir un mot de passe fort, c’est-à-dire une combinaison des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des signes, il ne faut pas autoriser le navigateur à le retenir. Pensez aussi à toujours avoir une méthode double authentification pour vos comptes ou une authentification combinant au moins deux mécanismes différents ; le savoir et l’être au besoin (le mot de passe et la biométrie par exemple) pour vos ordinateurs, tablettes ou téléphones.

Ayez assez de temps ou soyez calme quand vous naviguez pour éviter de tomber dans les pièges sur la toile. Tout fichier ou pièce jointe n’est pas à télécharger, de peur de télécharger un virus ou tout autre logiciel espion. Ces fichiers proviennent souvent des inconnus et sont en extension « .exe ». Il faut donc connaitre ses interlocuteurs.

Avant d’utiliser un navigateur ou lors de l’installation d’une application, veuillez lire la politique de confidentialité et ainsi savoir quelles informations et données vous autorisez l’application ou le logiciel à recueillir sur vous. Pendant votre navigation, évitez d’autoriser l’installation des cookies.  Ces cookies retiennent l’historique de votre navigation au profit du propriétaire du site web. C’est ainsi, que vous recevez que des publicités taillées sur votre mesure, ce n’est pas donc de la magie, mais le site vous connait bien. Il faut aussi  vous rassurer d’utiliser un protocole sécurisé. Pour le protocole HTTP,  il faut vérifier si la clé de sécurité « SSL » est bien là. Pour encore être plus anonyme, privilégiez les logiciels et moteurs de recherches libres.

Si par mégarde, vos informations privées se retrouvent exposées par un moteur de recherche vous pouvez demander ce dernier à les supprimer en exerçant votre droit à l’oubli. Il faut donc souvent vérifier vos informations disponibles en ligne, celles qui constituent votre e-citoyenneté régulièrement. Cette possibilité doit être votre dernier recours, car les grandes entreprises ne répondent pas favorablement à toutes les demandes.

Blaise Ndola

La Touche Donald Trump dans l’exploitation minière dans l’Est de la RDC.

Par Junior Sikabwe et Blaise Ndola

C’est depuis le 31 janvier que la nouvelle administration américaine de Donald Trump a annoncée la suspension de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, cette loi du nom du sénateur qui l’avait initié, a été adoptée par Barack Obama en juillet 2010. Elle visait à empêcher le commerce de minerais de zones de conflits dans l’Est du Congo. Cette loi a occasionné la fermeture de nombreuses entreprises minières congolaise avec tout ce que cela comporte pour les négociants et exploitants artisanaux et sur la situation socio-économique de la population.

Mine d'OR en Ituri, RDC

 

La loi Dodd Frank aussi appelée loi Obama par les exploitants miniers congolais avait été initiée dans les soucis d’éviter à ce que les revenus de ressources naturelles de l’est de la RDC n’alimentent les conflits dans cette région meurtrie par des guerres à répétions et/ou les bandes armées règnent en maitre depuis des décennies.

Cette législation obligeait donc les entreprises américaines cotées en bourse de déclarer si elles utilisent de la tantalite, de la cassitérite, du tungstène, de l’étain et/ou de l’or, que ces minerais ne proviennent pas de zones rouges de l’Est de la RDC tel que Walikale.

Huit pour cent seulement de conflits en RDC sont liés aux ressources naturelles

Quatre ans après la mise en vigueur de la loi, en septembre 2014, 70 experts (chercheurs et académiques) avaient dans une lettre ouverte critiquer les conséquences de la loi Dodd Frank par rapport aux conflits dans l’Est de la RDC. Pour ces experts les dispositions légales de cette loi n’avaient pas apporté des changements tel que souhaité par le législateur. Selon Séverine Autesserre, professeur de Science politique au Barnard College et d’autres experts de l’ONU, seulement 8% de conflits dans l’Est de la RDC avaient rapport aux ressources naturelles.

Un manque à gagner pour les exploitants artisanaux, et effets sur le sociale de la population.

Exploitants artisanaux des minerais en RDC. Photo CNCD.BE

Entre 8 et 10 millions de personnes au Nord et Sud-Kivu vivent directement ou indirectement de l’exploitation de ressources minières dans l’Est de la RDC. Aujourd’hui les exploitants artisanaux dans les sites miniers de Walikale vivent de seulement 1,5 $ de revenu journalier, et cela, dans les pires conditions de travail et sanitaires. Ces exploitants ont vu leurs revenues réduites depuis qu’est entré en vigueur la loi Dodd Frank.

Ben Bradley, un chercheur et réalisateur d’un documentaire sur les conséquences de la loi, s’inquiétait sur les effets de la loi dans l’Est de la RDC, se demandant s’elle n’arrangeait bien que ceux qui vivent à de milliers de kilomètres d’Afrique, allant jusqu’à dire « les mineurs congolais payent pour la bonne conscience des occidentaux ».

Les négociants miniers congolais pour la suppression de la loi

La loi Dodd Frank a pour certains observateurs diminuée l’entreprise de vente de minerais par les groupes armés, même s’il est difficile de prouver que l’exploitation est la cause de viols et autres atrocités dans l’Est de la RDC. Il n’est pas facile d’établir le rapport entre recrudescences de conflits dans cette sous-région et exploitation minière. « Les minerais du Nord Kivu n’alimentent pas les conflits armés. A Beni, on tue les gens tous les jours, est-ce qu’il y a de minerais à Beni ? Il revient au gouvernement de mettre fin à la guerre et pas d’appauvrir la population par des telles lois» affirme Sadoc Kitsa, président de l’association de négociants miniers du Nord-Kivu.

Avec la suppression de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, nous espérons voir une redynamisation de l’exploitation minière dans l’Est de la RDC, ce qui aura un impact positif sur l’amélioration des conditions socio-économiques de la population du Nord Kivu.

Blaise Ndola et Junior Sikabwe

La version premiere de l’article a été publiée sur HabariRDC.net (https://habarirdc.net/donald-trump-lexploitation-miniere-lest-de-rdc/)

Rencontre avec des enfants « Pères ».

Un enfant père pret d'une pirogue. credit photo: Blaise Ndola

Un enfant père prêt d’une pirogue. crédit photo: Blaise Ndola

Le chômage devenu monnaie courante dans mon pays la République Démocratique du Congo, certains parents ne sont plus en mesure de répondre aux besoins élémentaires de leurs enfants. Des plus en plus des enfants ne vont plus à l’école et d’autres quittent leurs familles à « la recherche de la vie ». Ainsi, la rue peut désormais avoir des enfants. C’est sont ces enfants que j’appel ici des « enfants pères » car ils font ce que feraient leurs pères, en difficultés pour certains. Je suis partis à la rencontre de ces combattants.

@Blaisendola

Ce phénomène est rependu dans plusieurs pays africains, et mon pays ne fait pas exception. Durant mon séjour à Bukavu, dans la province du sud-kivu , je me décide de briser le silence et en parler. Pour ça, je m’arrête un instant, je constate sur la route un nombre si important des véhicules des services publics congolais, ONG locales et internationales avec la protection et l’éducation de l’enfant comme leur cheval de bataille. Cependant, je suis désolé de constater que les enfants non encadrés sont toujours aussi nombreux sur les rues où passent ces mêmes véhicules. Il fallait alors approcher certains de ces enfants pour savoir comment ils se sont transformés en pères avant l’âge.

Sur ma route je croise Pascal, un jeune garçon âgé de 12 ans. Bientôt une année qu’il travaille comme vendeur ambulant des beignets et des galettes pour des particuliers. Il doit donc faire le tour des 3 communes de la ville avec son petit bassin à la tète pour écouler sa marchandise. Pour un total de 7 jours, seule la recette du 7ème jour lui est rendue en totalité comme salaire. En moyenne, il peut recevoir 10 000 Francs Congolais (légèrement plus de 10$ USD) par semaine. Avec ça, il peut se payer des habits, et économiser un peu d’argent pour espérer revenir un jour à l’école et poursuivre ses rêves. Il affirme avoir quitté son village de Kabare vers le nord de la ville avec beaucoup d’autres enfants en âge d’école, mais sans moyens financiers pour y aller et tous maintenant entrain de travailler dans la ville.

Marché de Mashinji au sud Kivu à Bukavu. credit photo: Blaise Ndola

Marché de Mashinji au sud-Kivu à Bukavu. crédit photo: Blaise Ndola

Au courant de la même journée, je me décide de visiter un autre endroit et voir ce qui s’y passe. C’est ainsi, que je me retrouve dans un marché des fretins appelé « mashinji » qui veut dire « quai ». Un grand marché qui sert aussi de quai pour les pirogues en provenance de l’île d’idjwi avec à bord fretins, ananas, sombé et d’autres produits des champs à vendre au dit marché. Le sol rouge et argileux, mélangé aux eaux des ruisseaux qui se déversent dans le lac produisent une boue extraordinaire servant de tapis du marché. Ici, le phénomène « enfants pères » est aussi bien présent. Le nombre important des enfants moins de 18 ans, à bord des petites pirogues de pêches et d’autres sur le sol est important. Ils sont entrain de marchander avec des clients adultes le prix de fretins qu’ils ont pu ramasser ci-et-là dans les pirogues. Tous ces enfants ont leur place ailleurs, mais ils sont contraints d’être là pour la plupart.

Je ne sais pas trop qui blâmer car il y aussi de ses parents irresponsables qui envoient leurs enfants indirectement sur la rue. Une chose sûr et certaine est que ces enfants non éduqués, mais dont j’admire le courage, constituent une bombe à retardement pour le Congo. Il est temps de cesser de voir cette réalité en face sans agir. Du reste, le coté résilient des enfants africains m’apprend beaucoup.

Blaise Ndola, Storyteller

RDC: et quand Kabila et l’occident sont suspectés de tout.

jeton de vaccination contre la meningite, coté face. credit photo Blaise Ndola

jeton de vaccination contre la méningite, coté face. crédit photo Blaise Ndola

Avec la tension actuelle en RDC autours des questions électorales, tout est devenu objet des suspicions. Des rumeurs circulent aussi bien que la bonne information à une double vitesse. Quelques jours après le lancement de la campagne Men A ; campagne de vaccination contre la méningite A, le président Kabila et l’occident se voient porter le chapeau.

@BlaiseNdola

Le président Kabila veut neutraliser tous les jeunes.

Plus d’une personne ne fait circuler cette rumeur au pays et plus particulièrement à Goma suite à cette campagne de vaccination qui ne cible qu’une tranche d’âge; des jeunes et enfants. Il est dit que le président « veut neutraliser toute la jeunesse congolaise enfin que cette dernière ne puisse pas, un de ces jours, avoir la force de manifester contre l’inavoué et improbable 3ème mandat ».

La méningite, une maladie dangereuse que nous connaissons tous, et qui s’annonce sur toute la ceinture méningitique de l’Afrique ne saura pas identifier nos couleurs politiques. Les membres de la majorité comme de l’opposition font vacciner leurs enfants et eux même se font vacciner, ceux de l’opposition et de la société civile font la même chose. Mais qui donc propage cette fausse rumeur ? Un vaccin aussi testé et approuvé par notre ministère de la santé et l’OMS et tous les autres partenaires de la RDC jouirait quand même d’une crédibilité.

Les « blancs » veulent nous rendre stériles

La deuxième grande rumeur qui circule à Goma maintenant est que «  les blancs veulent anéantir toute une génération des noires ». Ce vaccin serait pour certains conçu pour rendre stérile filles et garçons. Et ainsi, dans 20 ans il n’y aura plus des jeunes au pays et toute une génération pourra disparaître. Chers blancs, vous nous haïssez vraiment jusqu’à ce niveau là? Et nous les noires, nos les haïssons à ce point?

Il faut donc une forte mobilisation

Je prie au gouvernement congolais et à ses partenaires des renforcer la sensibilisation. Au besoin, d’appuyer celle-ci par des images d’eux ou de leurs enfants prenant le vaccin pour que les thomas puissent croire en fin. Moi, je suis vacciné, et le lot de mon vaccin est le numéro 127T5018.

 

Jeton de vaccination contre la meningite. credit photo Blaise Ndola

Jeton de vaccination contre la méningite. crédit photo Blaise Ndola

Peuple Congolais, soyons vigilants, éveillés et intelligents. Ne laissons pas la place aux rumeurs pendant cette période cruciale que nous sommes entrain de traverser. Que chacun fasse ce qu’il fait bien et comme il le faut et laissons le président et les occidentaux faire aussi ce qu’ils font bien et comme il le faut. Les rumeurs sont destructrices.

Je suis pour le respect de la constitution en RDC, l’accès à la bonne information et non aux rumeurs. Allez vous faire vacciner, le président ni les partenaires occidentaux n’ont pas empoisonné le vaccin.

Blaise Ndola

RDC : à savoir 10 ans après la promulgation des lois renforçant la répression en matière des VSBG.

Bientôt c’est le dixième anniversaire de la promulgation des lois N06/018 et 06/019 renfonçant la répression en matière des violences basées sur le genre et plus particulièrement les violences sexuelles. L’heure est au bilan pour recadrer les tirs. Acteurs judiciaires et non judiciaires s’y mettent. Des rapports des ONGs sont présentés et le Ministère de la Justice et Droits Humains, initiataire de la réflexion, modère. Les notions comme l’arrangement à l’amiable, les sorts réservés aux des prévenus,… appellent au débat. Et en fin, des recommandations sont formulées pour tous les acteurs.

                                                                                  Blaise Ndola (@BlaiseNdola)

Atelier de reflexion sur les enjeux de la politique penale en matiere de violences basée sur le genre à goma du 19 au 20 juillet.

Atelier de reflexion sur les enjeux de politique penale en matere des violences basées sur le genre en RDC, vue de la salle de la pleniere: du 19 au 21 Decembre à Goma.

Des acteurs concernés par la question des violences basées sur le genre ; une affaire de toute la société. Mais tous les acteurs ont des responsabilités propres à eux.

Le Ministère de la Justice et des Droits Humains joue le rôle normatif. Il est perçu au travers la Stratégie Nationale de lutte contre les violences Sexuelles basées sur le Genre pour ce cas d’espèce. Mais aussi au travers les exposés de motifs des différentes dispositions légales en la matière. L’exécution de cette politique pénale est faite par les autres acteurs collaborateurs du Ministère.

Comme autres acteurs nous pouvons ainsi voir les ONG nationales et internationales, des agences des Nations Unies, des syndicats, médecins, etc.… Tous ces acteurs sont catégorisés en acteurs Judicaires et non judicaires. Qui joue bien son rôle et qui ne le fait pas ? L’heure était au bilan.

Notons que dans leurs interactions, ses acteurs ont des points divergents et convergents. Quelle relation entretiennent donc ses acteurs ? Il est difficile de l’apercevoir.

Le sort réservé à la victime, l’inculpé, le prévenu ou le condamné méritent une attention particulière. Les motifs de ces sorts sont alors discutables.

La RDC classée par certains rapports comme la capitale du viol (violences sexuelles) pourtant cette dernière a une politique pénale bien établie depuis une dizaine d’années. Qu’elle serait alors la cause de cette classification ? Est-elle basée sur des préjugés ou des faits réels?

Le PNUD présente un monitoring Judiciaire des cas des violences sexuelles. Ce dernier révèle un résultat sur une moyenne de 8000 cas des violences sexuelles de 2011 à 2014. On remarque respectivement que 3 475 en 2011, 2141 en 2012, 1621 en 2013 et 1014 en 2014 cas sont présentés devant les autorités Judicaires. Cet écart serait dû à quoi? Problème de confiance dans le système judiciaire? Fiabilité des chiffres rapportés comme cas incidents? Déficit de collaboration entre intervenants judiciaires et autres ? Justice moins active?

Selon ce même rapport, 343 cas sur 1155 (soit 29,7%) des dossiers sont classés sans suite. Encore une série des justifications en formes des questions : manque de preuve apportées par la victime et la police? Le parquet ne mènerait-il pas en profondeur les enquêtes ? La victime dénoncerait lorsque les preuves matérielles ont-ils disparues ? « Faux » cas de VS ?

D’autres acteurs parlent du sacrifice des droits de la défense au prix de la lutte contre l’impunité, évasion des accusés, non indemnisations ou du moins une indemnisation incomplète des victimes des violences sexuelles. On peut élargir la réflexion et citer le non respect de la présomption de l’innocence, la durée impartie au procès faute des moyens financiers pour l’organisation des audiences, etc…

L’autre partie pousse le PNUD et d’autres enquêteurs à vouloir réellement savoir le pourquoi de cet écart entre les dossiers enregistrés et ceux présentés devant la justice.  Mais aussi de présenter les moyens par lesquels ils ont eut connaissance des ces cas non présentés à la justice. Car ceci serait aussi le résulta du recours aux arrangements à l’amiable entre victimes et auteurs suite à l’effet des usages et coutumes.

Le classement sans suite des plus de 70% des dossiers est dû au sérieux et à l’honnêteté intellectuelle des juges. Car il ne faut pas non plus sacrifier ou condamner des innocents au nom de la répression à l’heure où le viol est commercialisé. Soutiennent certains acteurs.

L’exécution des décisions judicaires, capacitation des juges, disponibilité des moyens, l’impartialité de la justice et la dénonciation des infractions par les victimes s’imposent.

Le déroulement de l’enquête, la récolte des preuves et la résolution à l’amiable sont des étapes et moments très importants.

La période d’enquête qui est en moyenne d’un mois est jugée peu suffisante. Ceci du fait de la difficulté qui existe même pour prouver certaines sortes des violences sexuelles suite à des contraintes d’ordres logistiques. Notons aussi le problème de la sécurité et de la protection des témoins.

Les arrangements à l’amiable entre familles empêchent un bon déroulement de l’enquête. Des tons se lèvent : il faut pénaliser le recours à l’arrangement à l’amiable ?

Etant dans une société trop religieuse quoi que l’Etat soit laïc, le pardon prime au nom de la paix sociale. De l’autre coté, la question d’encourager la criminalité au nom du pardon se pose.

Un suivi et une évaluation des actions menées pour réduire les infractions de violence Sexuelles Basées sur le Genre est importante pour renforcer la répression.

atelier politique pénale sur les VSBG

Participants atelier sur la politique pénale sur les VSBG à Goma du 19 au 21 Decembre 2015 avec le Parj-e/Uhaki Saf. credit Photo? Inoncent Buchu

Le Programme d’Appui pour le Renforcement de la Justice à l’Est de la RDC (PARJ-E/Uhaki Safi) est une initiative du Ministère de la Justice et Droits Humains. Il facilite cette interaction entre acteurs et le renforcement des capacités de ces derniers. Ceci dans le souci d’avoir une justice saine. Il réunit dans un cadre des acteurs judiciaires et non judiciaires pour mener des réflexions sur les enjeux de la politique pénale en matière de VSBG. Une nécessité de la coordination dans le suivi et évaluation chez tous les acteurs est nécessaire. Un manque de coordination ne fait que diluer les efforts des uns et des autres.

Il est vraiment très important que ce cadre puisse se tenir le plus souvent pour savoir où on en est avec l’exécution de la politique pénale. Ceci permettra de recadrer les tirs pendant qu’il est encore temps. Il y a beaucoup à apprendre et à faire en matière des VSBG en RDC.

Blaise Ndola

Avoir 20 ans à Goma

Avoir 20 ans à Goma, c’est avoir passé toute son enfance dans une région minée par de nombreux conflits et avoir été bercé par les coups de canon. Entrer dans l’âge adulte dans un environnement où il est difficile de se projeter mais où il reste possible de rêver.

Justin Muhire.  Un aspirant politicien.

Justin Muhire. Un aspirant politicien.

Diplôme d’État (bac) en poche, c’est le moment d’intégrer l’université, quand on peut se le permettre. On rêve d’une belle carrière, de préférence au sein d’une institution internationale, d’un riche prince charmant, ou d’ailleurs…

Grace Kabera une jeune fille de Goma.

Grace Kabera une jeune fille de Goma.

Grace Kabera, étudiante en psychologie, rêve d’une carrière scientifique et pourquoi pas d’une vie conjugale épanouie. « Je veux servir mon pays, apporter ma contribution pour son développement », confie-t-elle. Mais s’il fallait choisir, elle privilégierait sa carrière. Une vision que ne partagent pas forcément la majorité des jeunes gomatraciennes.
« Les conversations entre filles tournent généralement autour du mariage. Elles sont nombreuses à voir les études comme une étape, en attendant de se marier. La finalité c’est qu’elles laissent tout tomber dès qu’elles ont trouvé un homme assez riche pour les entretenir », regrette-t-elle.

David Thsikeya.  Apres son Bac, il veut aller à l'université pour en fin avoir un boulot.

David Thsikeya. Apres son Bac, il veut aller à l’université pour en fin avoir un boulot.

Achever ses études universitaires et décrocher un emploi dans le système des Nations Unies ou au sein d’une ONG internationale. Voilà ce qui fait rêver dans l’ensemble les jeunes de cette tranche d’âge qui ont la chance de fréquenter des établissements d’enseignement supérieur. Décrocher son premier emploi relève du parcours du combattant. Un brillant parcours académique n’y change rien. Mais on s’accroche, en espérant que ça ira mieux demain.

Un jeune de Goma qui fait de l'art pour vivre, il n'attend pas avoir un bureau lui...

Un jeune de Goma qui fait de l’art pour vivre, il n’attend pas avoir un bureau lui…

Pour ceux qui ne peuvent pas aller à l’université, c’est le chemin de la débrouille et des petits métiers informels, « en attendant que la situation du pays s’améliore ». C’est le cas de David Kaandi qui gagne sa vie grâce à ses talents de plasticien. « Je n’attends plus rien de l’État. Le peu de revenus générés par la vente de mes œuvres me permettent de subvenir à mes besoins directs »
Avoir vingt ans à Goma c’est savourer les moments de paix sans oublier qu’on n’est jamais à l’abri d’un énième rebondissement. Tout abandonner, aller se refugier quelques temps, revenir et reprendre sa vie.
Mais le point commun entre tous, c’est l’espoir.