Un forum sur la paix et la cohésion sociale à Goma à la veille des élections entre acteurs politiques et membres de la société civile pour la paix et le relèvement.

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Dans le cadre du projet Solution pour la Paix et le Relèvement fiancé par l’USAID au travers son projet Solution pour la Paix et le relèvement, pendant quatre jours les acteurs politiques, membres de la société civile et du Cadre Provincial de Plaidoyer du Nord-Kivu sous la modération de la Communauté Economique des Pays de l’Afrique Centrale se réuniront pour traiter des importantes questions pour la cohésion sociale et la recherche de la paix.

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Plusieurs acteurs politiques de partis de la majorité au pouvoir comme des partis de l’opposition, des membres de l’administration publique et de la société civile venant de grandes villes du pays tous réuni à Goma à l’hôtel Cap Kivu ont traité en premier jour des questions très importantes allant de la présentation des plans de plaidoyer pour le développement certains territoires sous-développés de la province du Nord-Kivu, du rôle de la justice, de l’armée et des services de sécurités pendant la période de paix tout comme celle de guerre, des conflits fonciers qui seraient soutenus par des hommes politiques, du genre et de la participation des femmes dans le processus de paix et dans la vie politique jusqu’à la présentation des cahiers de charges des femmes et personnes marginalisées.

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Ce que personnellement j’ai trouvé d’important en ce premier jour du forum est son opportunité vu les élections qui approchent et qui devraient se dérouler dans un climat de paix et avec un niveau d’inclusion plus élevée des femmes et des personnes marginalisées que lors des dernières élections.  En plus, le débat était ouvert et tous les groupes des participants se sont exprimés sans peur ni retenue en présence des autorités politico-administratives.  Ces dernières ont aussi eu un droit de réponse. La marche vers une cohésion sociale est amorcée et devra aboutir avec l’implication de tous.

Le forum se poursuit pour les trois prochains jours, c’est à dire le 19, 20 et 21 septembre 2018 qui est la journée mondiale de la paix. Je profite de l’occasion pour encourager les participants à bien défendre les intérêts des groupes qu’ils représentent et qu’ils privilégient l’approche inclusive de toutes les communautés et couches de la population à la gestion de la chose publique et au processus de paix comme une des solutions pour la paix et le relèvement.

Suivez le déroulement du Forum sur le comptes twitter de USAID et de la BloGoma au moyen des mots clés #MonVoteMonDroit #NinaChaguwaKwaAmani  #MonVotemaPaix  #BloGoma.

Blaise Ndola

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Ewezo Project: la DFJ propose une approche d’alphabétisation des femmes cultivatrices de cacao à Watalinga pour améliorer leur bien-être. Apprécions l’idée.

Source site web Ewezo Project

L’Organisation Eastern Congo Initiative et ses partenaires au travers Ewezo Project viennent de sélectionner six meilleurs projets parmi une trentaine  pour répondre au problème d’analphabétisme, avec ses effets collatéraux, des femmes de ménage et cultivatrices de cacao dans le territoire Beni à Watalinga. Trois de ces 6 projets vont être fiancés pour une durée de 3 ans si la base approuve leurs approches.  Ici l’approche de la DFJ.

Contexte du projet.

La partie Est et orientale de la République Démocratique du Congo regorge de nombreuses ressources naturelles suffisantes pour assurer le bien-être de ses habitants.  Cependant, depuis plus de 20 ans les multiples guerres ont empêché à cette population de jouir de ces ressources.  Au-delà des guerres, sont venus s’ajouter des défis talques ; l’inégalité des genres, privant les femmes d’accéder à l’éducation, les inégalités massives dans les chaines des valeurs, le manque des capitaux, etc.  l’analphabétisme est un des défis majeurs auquel font face les femmes cultivatrices de cacao dans cette partie du pays pour assurer leur bien être ainsi que celui de leurs familles. Notons que seul 36,8 % des femmes de Watalinga savent lire et écrire.

En quoi consiste ce projet-solution de la DFJ ?

Photo site web ewezo project

Nous venons de tracer un tableau de la situation du pays en général, du territoire de Beni et de la chefferie de Watalinga en particulier qu’il faudra par la suite confronter à l’approche, aux idées et à la solution de la Dynamique des Femmes Juristes qui a répondu à cet appel à projet « EWEZO » pour apporter une solution et soulager la souffrance des femmes de Watalinga.  Le projet consiste en trois principaux points :

  1. une alphabétisation fonctionnelle en utilisant l’approche des cercles reflects
  2. une alphabétisation juridique en utilisant l’approche basée sur les droits et les séries de formations sur les textes de droits en rapport avec les femmes, l’agriculture, l’accès à la terre et la participation dans les prises de décisions, etc.
  3. renforcement des connaissances sur le plaidoyer (pour être capable de rendre plus redevables les autorités, améliorer leurs conditions de vie et réduire leur vulnérabilité), le leadership féminin transformationnel et la participation active.

Est-elle efficace cette idée?

La DFJ est une organisation non gouvernementale avec une expérience dans le secteur de plaidoyer et des droits des femmes.  Mais ici il est question de trouver une approche qui va résoudre les problèmes auxquels font face les femmes de ménages de Watalinga et agricultrices de Cacao suite au fait qu’elles ne savent pas lire et écrire pour la plupart.

La DJF elle-même trouve son approche unique et efficace en ce sens : « Notre idée est unique, car elle touche la question de l’alphabétisation de manière plus large (inclusive des dimensions diverses de connaissance notamment l’instruction de base, l’instruction des droits, renforcement du pouvoir d’action et d’influence); utile et pertinente (nécessaire selon les besoins et liée aux activités quotidiennes) ».

Faut-il l’adapter, la rejeter ou la réorienter ?

Selon toujours la Dynamique des femmes Juristes, les bénéficiaires finaux sont les femmes des ménages des associations des cultivatrices de cacao de la chefferie de Watalinga. Une cible de 15 femmes sera touchée dans chaque groupement pour suivre de manière complète les trois piliers d’actions proposées

L’ONG Eastern Congo Initiative et EcomFoundation ont besoin de recueillir les avis des autres experts dans le domaine de l’éducation mais aussi de la communauté de base, qui maitrise bien les problèmes et réalités du terrain, pour donner leurs appréciations.  La Blogosphère gomatracienne entant qu’un groupe des jeunes blogueurs, web influencer et défenseurs des droits humains, saluons cette façons de consulter la base et sommes prêts à recueillir les avis de la communauté et de les présenter aux concernés pour qu’ils financent un projet qui répondra au vrai problème de la communauté.  Pour lire tout le projet en entièreté, veuillez cliquer ici et rejoindre les discussions dans le groupe facebook du projet.

Blaise Ndola

Quand l’église devient la bête noire du pouvoir de Kinshasa.

cathedrale notre dame de paix de Bukavu, Sud Kivu, RDC

Textes compilés par Jean-Fraterne Ruyange

Dans son texte, Fraterne nous présente le synopsis du film retraçant la galère de la Majorité Présidentielle face à l’évêque protestant :

En « guerre déclarée » contre l’Église catholique, les politiques de la RDC se sont réfugiés chez les protestants pour honorer la mémoire des héros nationaux Laurent-Desiré Kabila et Patrice-Emery Lumumba. Par surprise, ici aussi l’orage a frappé. Les cieux se sont assombris pour la famille politique de Kabila, comme si la trajectoire d’un ouragan qui ne cherchait qu’à s’abattre sur elle était à ses trousses.

En trébuchant sur Mosengwo, la Kabilie est tombé sur un EKOFO faisant de son homélie en une excellente leçon de patriotisme. Avec des mots clairs et sans détours, telles des claques pour remettre les neurones de la classe politique en place, l’évêque protestant a donné un contenu magistral à l’adjectif « médiocre ».

Cette vérité sortie nue du puits était de nature à mettre à plat les batteries de la MP. Après la défaillance de l’opposition et des mouvement citoyens, la révolution tant attendue en RDC viendra-t-elle finalement de l’église ?

La révolution viendra t-elle de l’Église? s’interroge Innocent Buchu.

L’attachement de l’Église au Peuple congolais est visiblement une réalité souhaitée. un besoin, une illumination, un trajectoire de la lumière vers un pays plus beau qu’avant. Les beaux et longs discours des politiciens sont obsolètes. Même sans microscope on sait reconnaître que le peuple n’a plus confiance en eux. C’est normal, lentement, péniblement le peuple a tout compris.

Ils ont signé l’accord et n’ont pas eu le temps ni le courage de l’expliquer au peuple. Les politiques ont faillis à leur mission, les mouvements citoyens sont aussi abattus. Ils dispersent leur énergie dans des luttes aux buts partagés pour finir en « bagatelles ». La situation politique de la RDC inquiète jusqu’à réveiller même les plus mous et le plus dociles. « Seul qui ne vit pas au Congo peut se taire »! L’Église vient ménager le village à fin d’être au milieu comme il se doit.

Toutes ces phrases qui tourmentent la quiétude du pouvoir étaient imprévisibles surtout venant de la part de l’ECC. C’est en tremblant que les membres de la MP présents dans la messe ont reçu la parole édifiante du Monseigneur EKOFO. C’est un combat, une lutte pour la lumière et la vérité. Un bon exemple de la non violence, il ne suffit pas de le dire mais de le vivre.

La constitution, l’accord, la Bible c’est pareil! On ne libère pas un peuple, le peuple se libère !

De sa part, Blaise Ndola n’appuie pas cette confusion qui vient s’imposer entre « foi » et « positionnement politique » :

Je voudrais plutôt appeler ici à dissocier la « foi » des couleurs politiques ou bien le positionnement politique au pays actuellement. Il est évident que le comité de coordination des Laïcs, une institution reconnue au sein de l’Archidiocèse de Kinshasa, était la première institution à caractère religieuse à se lancer ouvertement sur ce terrain au travers de l’opération « Trompette de Jéricho » lancée en collaboration avec certains mouvements citoyens. Toute l’église catholique, à travers ses différentes diocèses et paroisses, n’avait pas suivi ce mot d’ordre. Je me rappelle même des propos du Monseigneur Marcel UTEMBI, président de la CENCO et Archevêque de Kisangani, qui avait dit que les réalités se diffèrent pour chaque diocèse et que chez lui à Kisangani les cloches n’allait pas sonner.

Dire ici que le positionnement par rapport à la situation politique actuelle du pays était liée à l’appartenance à une quelconque foi ne serait pas logique. Tous les catholiques n’ont pas la même position quant à ce. Récemment, le Monseigneur Jean-François EKOFO, lors de la messe en mémoire des héros nationaux a aussi pris position en dénonçant même l’inexistence de l’État au Congo.

Dans son camp, appelé le camp des protestants, il est aussi loin de faire l’unanimité. Certains pasteurs des églises dits « de réveil » continuent d’apporter leur soutien indéfectible aux actuels autorités du pays. Il ne serait pas donc question de « foi » mais plutôt une question de perception personnelle de la situation. Sans oublier que les dits responsables des églises qui prennent position, influencent plus d’un de leurs fidèles.

Chez les catholiques comme chez les protestants, les propos des leaders religieux ne sont pas encore unanimes. Aussi, les deux grands regroupements religieux majoritaires au pays ne sont pas les seuls. D’autres regroupements religieux jusqu’à preuve du contraire soutiendraient encore le régime en place.

Dans son texte, Bienfait Akilimali, quant à lui, trouve la voie de sortie dans ce virage de l’activisme du civil à l’activisme religieux :

De l’huile sur le feu. Entre majorité et opposition, l’église a fait son choix. Après que les anti-Kabila dans toutes leurs couleurs (RASSOP; mouvements citoyens, société civile) aient essayé, en vain, toutes les démarches pour mener à l’alternance démocratique, c’est bien le tour des confessions religieuses. De l’activisme « civil » à l’activisme « religieux »; ne serait-ce pas une voie vers la solution ?

Les hommes de Dieu (évêques et pasteurs) vexés par « la mauvaise foi » du pouvoir manifestent leur dégoût. Désormais ils ne loupent pas l’occasion d’exprimer leur engagement aux coté du peuple chaque fois que les yeux et les oreilles se tendent vers eux. C’est, sans nul doute leur nouvelle stratégie. Ils estiment qu’il est temps que le pouvoir soit rendu au souverain premier, le peuple, pour qu’il se choisisse d’autres représentants pour le bien de tous.

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La premiere version de l’Article collectif est apparue sur le blog de Jean Fraterne.

 

RDC: la gestion opaque des entreprises et ses conséquences

Plus de six ans aujourd’hui que la notion de l’ouverture des données publique est d’actualité dans le monde pour promouvoir le développement, la démocratie participative, la transparence, l’accès des citoyens à l’information et le sens de la redevabilité.

La RDC traîne encore les pas à adhérer au Partenariat Gouvernement Ouvert. Ce partenariat encourage les États à rendre publiques les données et à appeler tous ses partenaires à faire la même chose.une jeune fille utilisant son ordinateur. Credit Photo Rudi International

 

Cette opacité au tour de la gestion des entreprises constitue un engrais pour la croissance des anti-valeurs tels que la fraude fiscale, le détournement, l’abus de pouvoir, l’instrumentalisation de la justice, etc. De l’autre coté, l’absence de l’ouverture des données ne nous permet pas, nous « société civile » de bien orienter nos actions et demandes. Ainsi, nous pouvons demander beaucoup de  l’État alors que ce dernier ne saurait peut-être pas répondre à notre demande, même avec des raisons valables.

Je remarque cette opacité dans la gestion tant des entreprises du secteur publique que celles du secteur privé. Les recettes des entreprises publiques génératrices des revenus demeurent un mystère pour l’opinion publique. Les taxes, impôts, bénéfices des entreprises du secteur privé sont malheureusement aussi pour la plupart couverts du grand secret.

Il y a lieu de se demander ce qui se cache derrière cette opacité érigée en mode de gestion.

Ces pratiques font perdre plus qu’elles ne font gagner rien à l’État et elle éloigne ce dernier de plus en plus nous, sa population, qui restons sous informés des moyens de notre État.

Un cas très frappant et qui fait actualité, malgré toutes les restrictions au droit à l’accès à l’information sur cette affaire est le procès entre les deux partenaires de Vodacom Congo, le Congo Wirless Network (CWN) et Vodacom International. Les deux associés sont dans une bataille juridique depuis une longue période. L’un, « le CWN » {Actionnaire minoritaire avec 49 % des parts}, dénonce l’opacité dans la gestion financière par l’autre «Vodacom International » qui est l’actionnaire majoritaire {Elle détient 51 % des parts et conduit le comité de gestion}. La CWN voudrait un audit externe de Vodacom RDC, car selon elle, elle a enregistré un déficit de 600 millions des dollars depuis 2005 et n’aurait pas accès à ses comptes. Vodacom Congo SA  ne veut pas de cet audit et aurait même falsifié une décision de la cours autorisant l’audit. Je suis tenté de comprendre que Vodacom Congo SA  n’enregistrerait que des pertes depuis 2005.

Je ne sais pas trop ce qui se passe, une simple ouverture régulière des données financières par la Vodacom Congo SA  mettrait fin à cette polémique, qui peut être vraie ou fausse. Vodacom Congo SA  devrait ainsi survivre et mériter à nouveau la confiance de ses clients en faisant éclater la vérité.

Blaise Ndola

Portrait d’Asifiwe Odette, la fille des Technologies de l’Information et de Communication (TIC) de l’île d’Idjwi.

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Au centre de l’Afrique, dans le lac Kivu, se trouve la plus grande île intérieure de l’Afrique. Il s’agit de l’île d’Idjwi.  Isolée et enclavée, elle est loin des deux grandes villes du Kivu Goma et Bukavu. Mais elle n’est plus du tout coupée du monde grâce à Internet. Nous sommes partis à la rencontre d’une jeune fille exceptionnelle qui milite et travaille pour une île connectée au monde. Au-delà des constructions sociales encore présentes dans les villages africains, Asifiwe a franchi la barrière et veut la même chose pour toutes ses congénères.  L’accès à l’information est une affaire de tous selon elle.

Asifiwe Odette sur Facebook

Née et grandie sur l’île, Asifiwe Odette, âgée de 20 ans y a obtenu son diplôme d’État en pédagogie générale en 2016.  Après cela, elle a fait une formation en informatique toujours sur l’île où elle a pu acquérir des connaissances en Ms Windows et Word.  Elle est la cinquième d’une famille modeste de sept enfants tous évoluant sur l’île. Contrairement à la grande majorité des filles de l’île, elle a eu la chance d’accéder à l’éducation et ne compte pas baisser les bras quant au combat pour l’accès équitable aux hommes et femmes à l’éducation et l’information.

Depuis mai 2016, elle travaille dans un projet sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sur l’île. Le projet dispose d’un cyber café dénommé Pamoja net qui offre la connexion internet gratuitement aux insulaires.  Le projet a été négocié par la Chefferie Rubenga au prés de l’association ensemble pour la différence pour aider au désenclavement et au développement de l’île. Pamoja net dispose actuellement de 4 ordinateurs, 5 tablettes et d’une connexion internet de haute qualité grâce à un fournisseur de réseau établit dans la ville de Bukavu.  Elle est la première à être en contact avec les pannes et dysfonctionnement qu’elle tente de résoudre au travers l’ordinateur serveur avant de faire appel au technicien de la maison si elle ne trouve pas de solution.

Odette assure la permanence au cyber café, se charge aussi de la sensibilisation aux TIC et l’encadrement des jeunes filles utilisatrices des TIC. Elle mène des campagnes de sensibilisations dans des écoles et organisations de la place pour expliquer à ses congénères les bienfaits de l’internet à l’ère de la mondialisation. Pendant ses heures de permanence, elle aide les personnes qui veulent créer des comptes sur les réseaux sociaux et autres services de messagerie, et ce, gratuitement.  Au travers ce projet, elle se bat pour que les filles de l’île puissent apprendre l’informatique et utiliser internet aux cotés des hommes.  Elle montre aux filles comment elles peuvent utiliser internet comme source d’information, d’opportunités et de connexion avec le mode extérieur.

Lire aussi un autre projet de l’ONG Rudi International qui encadre les jeunes filles dans les TIC à Goma. 

Une jeune fille travailler dans un domaine aussi nouveau sur l’île et à tort réservé uniquement aux « hommes » ou aux « Occidentaux » est une tâche pas facile pour Odette.  Elle reçoit des encouragements et en même temps de critiques pour ce fait. Seul le rêve de voir les insulaires, surtout les filles, connectés au monde la motive à continuer la lutte. Elle rêve quitter l’ile pour poursuivre ses études dans le domaine de l’informatique en vue d’accroitre ses connaissances et revenir travailler au mieux pour son île natale.

La premiere version de l’article est sur disponible sur HabariRDC.

Blaise Ndola

Débat autour de la protection de la vie privée et des données privées en ligne dans le contexte RD Congolais. Des victimes de la technophobie? Protégeons nos données.

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La question de « vie privée » sur internet fait la une actuellement en République Démocratique du Congo. C’est quoi la vie privée ? Qui viole la vie privée de qui ? Qui rend publique cette « vie privée » ? Récemment la toile congolaise a été animée par des sextapes, photos et vidéos « intimes » des personnalités politiques et de la société civile tout comme des simples citoyens. Les victimes, encore qu’il faille relativiser leur degré d’implication et/ou de vulnérabilité, ont donné des explications. Que ces dernières soient fondées ou pas, loin de là est ma préoccupation. Une chose est sûre, tout ceci, fait revenir sur la table le débat autour de la protection de la vie privée en ligne et de la protection des données tout court dans le contexte congolais avec un taux de pénétration d’internet encore inférieur à 5%.

BlaiseNdola

C’est quoi la vie privée ?

Loin de moi l’ambition de vous plonger dans le débat des concepts et encore pas celui de la morale ou des bonnes mœurs. La tendance générale qualifie les données privées toutes ces informations ou correspondances que l’on préfère ne garder que pour soi ou avec la personne dont on partage une certaine intimité.  Ces données constituent donc la vie privée. Cette partie de sa vie que l’on ne veut pas rendre publique pour une raison ou une autre raison.

C’est sont par exemple ces sextapes faites pour « usage personnel », photos montrant des parties intimes du corps, des mots de passes des comptes et cartes bancaires codes secrets de transfert d’argent, correspondances ou informations personnelles qui sont transférés par le canon de l’internet ou alors stockés sur internet, dans des téléphones et ordinateurs.

Qui viole la vie privée de qui et pour quoi ?

Un hacker peut souhaiter accéder dans un compte pour intercepter des transferts d’argent ou tirer des informations privées et correspondances à utiliser pour un chantage.

Aussi, le propriétaire des données par imprudence ou par manque d’informations peut être lui-même à l’origine de la violation de sa vie privée ou lors peut la faciliter en exposant ses données privées.

Quelques astuces élémentaires pour protéger sa vie privée sur internet ?

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Le cryptage de votre téléphone, tablette, ordinateur ou correspondance vous permet de protéger vos données privées en ligne et hors ligne. Il est difficile de tirer le contenu d’un support ou d’une correspondance crypté sans en avoir la clé de décryptage.  La majorité des victimes des sextapes et photos intimes publiés sur internet disent avoir perdu leurs téléphones dans lesquels se trouvaient ces fichiers « intimes » ou qu’un « man in the middle » aurait intercepté l’envoie de ces fichiers au vrai destinateur.

Parlant des mots des passes, il ne faut pas autoriser au navigateur de les enregistrer, et ce, même si le support utilisé pour se connecter vous appartient. Au delà d’avoir un mot de passe fort, c’est-à-dire une combinaison des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des signes, il ne faut pas autoriser le navigateur à le retenir. Pensez aussi à toujours avoir une méthode double authentification pour vos comptes ou une authentification combinant au moins deux mécanismes différents ; le savoir et l’être au besoin (le mot de passe et la biométrie par exemple) pour vos ordinateurs, tablettes ou téléphones.

Ayez assez de temps ou soyez calme quand vous naviguez pour éviter de tomber dans les pièges sur la toile. Tout fichier ou pièce jointe n’est pas à télécharger, de peur de télécharger un virus ou tout autre logiciel espion. Ces fichiers proviennent souvent des inconnus et sont en extension « .exe ». Il faut donc connaitre ses interlocuteurs.

Avant d’utiliser un navigateur ou lors de l’installation d’une application, veuillez lire la politique de confidentialité et ainsi savoir quelles informations et données vous autorisez l’application ou le logiciel à recueillir sur vous. Pendant votre navigation, évitez d’autoriser l’installation des cookies.  Ces cookies retiennent l’historique de votre navigation au profit du propriétaire du site web. C’est ainsi, que vous recevez que des publicités taillées sur votre mesure, ce n’est pas donc de la magie, mais le site vous connait bien. Il faut aussi  vous rassurer d’utiliser un protocole sécurisé. Pour le protocole HTTP,  il faut vérifier si la clé de sécurité « SSL » est bien là. Pour encore être plus anonyme, privilégiez les logiciels et moteurs de recherches libres.

Si par mégarde, vos informations privées se retrouvent exposées par un moteur de recherche vous pouvez demander ce dernier à les supprimer en exerçant votre droit à l’oubli. Il faut donc souvent vérifier vos informations disponibles en ligne, celles qui constituent votre e-citoyenneté régulièrement. Cette possibilité doit être votre dernier recours, car les grandes entreprises ne répondent pas favorablement à toutes les demandes.

Blaise Ndola

La Touche Donald Trump dans l’exploitation minière dans l’Est de la RDC.

Par Junior Sikabwe et Blaise Ndola

C’est depuis le 31 janvier que la nouvelle administration américaine de Donald Trump a annoncée la suspension de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, cette loi du nom du sénateur qui l’avait initié, a été adoptée par Barack Obama en juillet 2010. Elle visait à empêcher le commerce de minerais de zones de conflits dans l’Est du Congo. Cette loi a occasionné la fermeture de nombreuses entreprises minières congolaise avec tout ce que cela comporte pour les négociants et exploitants artisanaux et sur la situation socio-économique de la population.

Mine d'OR en Ituri, RDC

 

La loi Dodd Frank aussi appelée loi Obama par les exploitants miniers congolais avait été initiée dans les soucis d’éviter à ce que les revenus de ressources naturelles de l’est de la RDC n’alimentent les conflits dans cette région meurtrie par des guerres à répétions et/ou les bandes armées règnent en maitre depuis des décennies.

Cette législation obligeait donc les entreprises américaines cotées en bourse de déclarer si elles utilisent de la tantalite, de la cassitérite, du tungstène, de l’étain et/ou de l’or, que ces minerais ne proviennent pas de zones rouges de l’Est de la RDC tel que Walikale.

Huit pour cent seulement de conflits en RDC sont liés aux ressources naturelles

Quatre ans après la mise en vigueur de la loi, en septembre 2014, 70 experts (chercheurs et académiques) avaient dans une lettre ouverte critiquer les conséquences de la loi Dodd Frank par rapport aux conflits dans l’Est de la RDC. Pour ces experts les dispositions légales de cette loi n’avaient pas apporté des changements tel que souhaité par le législateur. Selon Séverine Autesserre, professeur de Science politique au Barnard College et d’autres experts de l’ONU, seulement 8% de conflits dans l’Est de la RDC avaient rapport aux ressources naturelles.

Un manque à gagner pour les exploitants artisanaux, et effets sur le sociale de la population.

Exploitants artisanaux des minerais en RDC. Photo CNCD.BE

Entre 8 et 10 millions de personnes au Nord et Sud-Kivu vivent directement ou indirectement de l’exploitation de ressources minières dans l’Est de la RDC. Aujourd’hui les exploitants artisanaux dans les sites miniers de Walikale vivent de seulement 1,5 $ de revenu journalier, et cela, dans les pires conditions de travail et sanitaires. Ces exploitants ont vu leurs revenues réduites depuis qu’est entré en vigueur la loi Dodd Frank.

Ben Bradley, un chercheur et réalisateur d’un documentaire sur les conséquences de la loi, s’inquiétait sur les effets de la loi dans l’Est de la RDC, se demandant s’elle n’arrangeait bien que ceux qui vivent à de milliers de kilomètres d’Afrique, allant jusqu’à dire « les mineurs congolais payent pour la bonne conscience des occidentaux ».

Les négociants miniers congolais pour la suppression de la loi

La loi Dodd Frank a pour certains observateurs diminuée l’entreprise de vente de minerais par les groupes armés, même s’il est difficile de prouver que l’exploitation est la cause de viols et autres atrocités dans l’Est de la RDC. Il n’est pas facile d’établir le rapport entre recrudescences de conflits dans cette sous-région et exploitation minière. « Les minerais du Nord Kivu n’alimentent pas les conflits armés. A Beni, on tue les gens tous les jours, est-ce qu’il y a de minerais à Beni ? Il revient au gouvernement de mettre fin à la guerre et pas d’appauvrir la population par des telles lois» affirme Sadoc Kitsa, président de l’association de négociants miniers du Nord-Kivu.

Avec la suppression de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, nous espérons voir une redynamisation de l’exploitation minière dans l’Est de la RDC, ce qui aura un impact positif sur l’amélioration des conditions socio-économiques de la population du Nord Kivu.

Blaise Ndola et Junior Sikabwe

La version premiere de l’article a été publiée sur HabariRDC.net (https://habarirdc.net/donald-trump-lexploitation-miniere-lest-de-rdc/)