Portrait d’Asifiwe Odette, la fille des Technologies de l’Information et de Communication (TIC) de l’île d’Idjwi.

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Au centre de l’Afrique, dans le lac Kivu, se trouve la plus grande île intérieure de l’Afrique. Il s’agit de l’île d’Idjwi.  Isolée et enclavée, elle est loin des deux grandes villes du Kivu Goma et Bukavu. Mais elle n’est plus du tout coupée du monde grâce à Internet. Nous sommes partis à la rencontre d’une jeune fille exceptionnelle qui milite et travaille pour une île connectée au monde. Au-delà des constructions sociales encore présentes dans les villages africains, Asifiwe a franchi la barrière et veut la même chose pour toutes ses congénères.  L’accès à l’information est une affaire de tous selon elle.

Asifiwe Odette sur Facebook: https://www.facebook.com/asifiwe.odette

Née et grandie sur l’île, Asifiwe Odette, âgée de 20 ans y a obtenu son diplôme d’État en pédagogie générale en 2016.  Après cela, elle a fait une formation en informatique toujours sur l’île où elle a pu acquérir des connaissances en Ms Windows et Word.  Elle est la cinquième d’une famille modeste de sept enfants tous évoluant sur l’île. Contrairement à la grande majorité des filles de l’île, elle a eu la chance d’accéder à l’éducation et ne compte pas baisser les bras quant au combat pour l’accès équitable aux hommes et femmes à l’éducation et l’information.

Depuis mai 2016, elle travaille dans un projet sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sur l’île. Le projet dispose d’un cyber café dénommé Pamoja net qui offre la connexion internet gratuitement aux insulaires.  Le projet a été négocié par la Chefferie Rubenga au prés de l’association ensemble pour la différence pour aider au désenclavement et au développement de l’île. Pamoja net dispose actuellement de 4 ordinateurs, 5 tablettes et d’une connexion internet de haute qualité grâce à un fournisseur de réseau établit dans la ville de Bukavu.  Elle est la première à être en contact avec les pannes et dysfonctionnement qu’elle tente de résoudre au travers l’ordinateur serveur avant de faire appel au technicien de la maison si elle ne trouve pas de solution.

Odette assure la permanence au cyber café, se charge aussi de la sensibilisation aux TIC et l’encadrement des jeunes filles utilisatrices des TIC. Elle mène des campagnes de sensibilisations dans des écoles et organisations de la place pour expliquer à ses congénères les bienfaits de l’internet à l’ère de la mondialisation. Pendant ses heures de permanence, elle aide les personnes qui veulent créer des comptes sur les réseaux sociaux et autres services de messagerie, et ce, gratuitement.  Au travers ce projet, elle se bat pour que les filles de l’île puissent apprendre l’informatique et utiliser internet aux cotés des hommes.  Elle montre aux filles comment elles peuvent utiliser internet comme source d’information, d’opportunités et de connexion avec le mode extérieur.

Lire aussi un autre projet de l’ONG Rudi International qui encadre les jeunes filles dans les TIC à Goma. https://rudiinternational.org/2017/07/14/introducing-congolese-young-girls-to-the-internet/

Une jeune fille travailler dans un domaine aussi nouveau sur l’île et à tort réservé uniquement aux « hommes » ou aux « Occidentaux » est une tâche pas facile pour Odette.  Elle reçoit des encouragements et en même temps de critiques pour ce fait. Seul le rêve de voir les insulaires, surtout les filles, connectés au monde la motive à continuer la lutte. Elle rêve quitter l’ile pour poursuivre ses études dans le domaine de l’informatique en vue d’accroitre ses connaissances et revenir travailler au mieux pour son île natale.

La premiere version de l’article est sur disponible sur HabariRDC:  https://habarirdc.net/lile-didjwi-asifiwe-odette-veut-filles-accedent-a-internet/

Blaise Ndola

@BlaiseNdola

Débat autour de la protection de la vie privée et des données privées en ligne dans le contexte RD Congolais. Des victimes de la technophobie? Protégeons nos données.

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La question de « vie privée » sur internet fait la une actuellement en République Démocratique du Congo. C’est quoi la vie privée ? Qui viole la vie privée de qui ? Qui rend publique cette « vie privée » ? Récemment la toile congolaise a été animée par des sextapes, photos et vidéos « intimes » des personnalités politiques et de la société civile tout comme des simples citoyens. Les victimes, encore qu’il faille relativiser leur degré d’implication et/ou de vulnérabilité, ont donné des explications. Que ces dernières soient fondées ou pas, loin de là est ma préoccupation. Une chose est sûre, tout ceci, fait revenir sur la table le débat autour de la protection de la vie privée en ligne et de la protection des données tout court dans le contexte congolais avec un taux de pénétration d’internet encore inférieur à 5%.

@BlaiseNdola

C’est quoi la vie privée ?

Loin de moi l’ambition de vous plonger dans le débat des concepts et encore pas celui de la morale ou des bonnes mœurs. La tendance générale qualifie les données privées toutes ces informations ou correspondances que l’on préfère ne garder que pour soi ou avec la personne dont on partage une certaine intimité.  Ces données constituent donc la vie privée. Cette partie de sa vie que l’on ne veut pas rendre publique pour une raison ou une autre raison.

C’est sont par exemple ces sextapes faites pour « usage personnel », photos montrant des parties intimes du corps, des mots de passes des comptes et cartes bancaires codes secrets de transfert d’argent, correspondances ou informations personnelles qui sont transférés par le canon de l’internet ou alors stockés sur internet, dans des téléphones et ordinateurs.

Qui viole la vie privée de qui et pour quoi ?

Un hacker peut souhaiter accéder dans un compte pour intercepter des transferts d’argent ou tirer des informations privées et correspondances à utiliser pour un chantage.

Aussi, le propriétaire des données par imprudence ou par manque d’informations peut être lui-même à l’origine de la violation de sa vie privée ou lors peut la faciliter en exposant ses données privées.

Quelques astuces élémentaires pour protéger sa vie privée sur internet ?

Digital Security posts

Le cryptage de votre téléphone, tablette, ordinateur ou correspondance vous permet de protéger vos données privées en ligne et hors ligne. Il est difficile de tirer le contenu d’un support ou d’une correspondance crypté sans en avoir la clé de décryptage.  La majorité des victimes des sextapes et photos intimes publiés sur internet disent avoir perdu leurs téléphones dans lesquels se trouvaient ces fichiers « intimes » ou qu’un « man in the middle » aurait intercepté l’envoie de ces fichiers au vrai destinateur.

Parlant des mots des passes, il ne faut pas autoriser au navigateur de les enregistrer, et ce, même si le support utilisé pour se connecter vous appartient. Au delà d’avoir un mot de passe fort, c’est-à-dire une combinaison des lettres majuscules et minuscules, des chiffres et des signes, il ne faut pas autoriser le navigateur à le retenir. Pensez aussi à toujours avoir une méthode double authentification pour vos comptes ou une authentification combinant au moins deux mécanismes différents ; le savoir et l’être au besoin (le mot de passe et la biométrie par exemple) pour vos ordinateurs, tablettes ou téléphones.

Ayez assez de temps ou soyez calme quand vous naviguez pour éviter de tomber dans les pièges sur la toile. Tout fichier ou pièce jointe n’est pas à télécharger, de peur de télécharger un virus ou tout autre logiciel espion. Ces fichiers proviennent souvent des inconnus et sont en extension « .exe ». Il faut donc connaitre ses interlocuteurs.

Avant d’utiliser un navigateur ou lors de l’installation d’une application, veuillez lire la politique de confidentialité et ainsi savoir quelles informations et données vous autorisez l’application ou le logiciel à recueillir sur vous. Pendant votre navigation, évitez d’autoriser l’installation des cookies.  Ces cookies retiennent l’historique de votre navigation au profit du propriétaire du site web. C’est ainsi, que vous recevez que des publicités taillées sur votre mesure, ce n’est pas donc de la magie, mais le site vous connait bien. Il faut aussi  vous rassurer d’utiliser un protocole sécurisé. Pour le protocole HTTP,  il faut vérifier si la clé de sécurité « SSL » est bien là. Pour encore être plus anonyme, privilégiez les logiciels et moteurs de recherches libres.

Si par mégarde, vos informations privées se retrouvent exposées par un moteur de recherche vous pouvez demander ce dernier à les supprimer en exerçant votre droit à l’oubli. Il faut donc souvent vérifier vos informations disponibles en ligne, celles qui constituent votre e-citoyenneté régulièrement. Cette possibilité doit être votre dernier recours, car les grandes entreprises ne répondent pas favorablement à toutes les demandes.

Blaise Ndola

La Touche Donald Trump dans l’exploitation minière dans l’Est de la RDC.

Par Junior Sikabwe et Blaise Ndola

C’est depuis le 31 janvier que la nouvelle administration américaine de Donald Trump a annoncée la suspension de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, cette loi du nom du sénateur qui l’avait initié, a été adoptée par Barack Obama en juillet 2010. Elle visait à empêcher le commerce de minerais de zones de conflits dans l’Est du Congo. Cette loi a occasionné la fermeture de nombreuses entreprises minières congolaise avec tout ce que cela comporte pour les négociants et exploitants artisanaux et sur la situation socio-économique de la population.

Mine d'OR en Ituri, RDC

 

La loi Dodd Frank aussi appelée loi Obama par les exploitants miniers congolais avait été initiée dans les soucis d’éviter à ce que les revenus de ressources naturelles de l’est de la RDC n’alimentent les conflits dans cette région meurtrie par des guerres à répétions et/ou les bandes armées règnent en maitre depuis des décennies.

Cette législation obligeait donc les entreprises américaines cotées en bourse de déclarer si elles utilisent de la tantalite, de la cassitérite, du tungstène, de l’étain et/ou de l’or, que ces minerais ne proviennent pas de zones rouges de l’Est de la RDC tel que Walikale.

Huit pour cent seulement de conflits en RDC sont liés aux ressources naturelles

Quatre ans après la mise en vigueur de la loi, en septembre 2014, 70 experts (chercheurs et académiques) avaient dans une lettre ouverte critiquer les conséquences de la loi Dodd Frank par rapport aux conflits dans l’Est de la RDC. Pour ces experts les dispositions légales de cette loi n’avaient pas apporté des changements tel que souhaité par le législateur. Selon Séverine Autesserre, professeur de Science politique au Barnard College et d’autres experts de l’ONU, seulement 8% de conflits dans l’Est de la RDC avaient rapport aux ressources naturelles.

Un manque à gagner pour les exploitants artisanaux, et effets sur le sociale de la population.

Exploitants artisanaux des minerais en RDC. Photo CNCD.BE

Entre 8 et 10 millions de personnes au Nord et Sud-Kivu vivent directement ou indirectement de l’exploitation de ressources minières dans l’Est de la RDC. Aujourd’hui les exploitants artisanaux dans les sites miniers de Walikale vivent de seulement 1,5 $ de revenu journalier, et cela, dans les pires conditions de travail et sanitaires. Ces exploitants ont vu leurs revenues réduites depuis qu’est entré en vigueur la loi Dodd Frank.

Ben Bradley, un chercheur et réalisateur d’un documentaire sur les conséquences de la loi, s’inquiétait sur les effets de la loi dans l’Est de la RDC, se demandant s’elle n’arrangeait bien que ceux qui vivent à de milliers de kilomètres d’Afrique, allant jusqu’à dire « les mineurs congolais payent pour la bonne conscience des occidentaux ».

Les négociants miniers congolais pour la suppression de la loi

La loi Dodd Frank a pour certains observateurs diminuée l’entreprise de vente de minerais par les groupes armés, même s’il est difficile de prouver que l’exploitation est la cause de viols et autres atrocités dans l’Est de la RDC. Il n’est pas facile d’établir le rapport entre recrudescences de conflits dans cette sous-région et exploitation minière. « Les minerais du Nord Kivu n’alimentent pas les conflits armés. A Beni, on tue les gens tous les jours, est-ce qu’il y a de minerais à Beni ? Il revient au gouvernement de mettre fin à la guerre et pas d’appauvrir la population par des telles lois» affirme Sadoc Kitsa, président de l’association de négociants miniers du Nord-Kivu.

Avec la suppression de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, nous espérons voir une redynamisation de l’exploitation minière dans l’Est de la RDC, ce qui aura un impact positif sur l’amélioration des conditions socio-économiques de la population du Nord Kivu.

Blaise Ndola et Junior Sikabwe

La version premiere de l’article a été publiée sur HabariRDC.net (https://habarirdc.net/donald-trump-lexploitation-miniere-lest-de-rdc/)

Forum on Internet Freedoms in Africa 2016. My testimony

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Through presentations and interventions at the Forum on Internet Freedom in Africa 2016 (FIFAfrica16),I learned about different ways Africanscountries are stifling citizens’digital rights. But the most important at this level is that through these presentations and experiences shared, I realized that the battle for Internet freedoms is as important as ever because internet shutdowns, abuses of courts of law, blockages of websites and content removals continue to find their place on the continent.

Coming from the Democratic Republic of Congo (DRC), I became aware of the work I have to do as an Internet freedom fighter and web activist once back home. Apart from that, I also realized the high level of danger faced byinternet users when their privacy or personal data are not protected by themselves and by intermediaries (Telecoms). We need to fight at all the levels, first against practices of telecoms who are ready to respond governments’ requests to release information of their customers and then, to call upon policy makers to enact laws that will reinforce rights of citizens to privacy and freedom of expression.

Access to the internet and internet freedomshould now become fundamental rights in African societies. At the same time, we should also fight the normalization of online violence against women and for gender equity in access to digital tools.

As suggestions to African governments, they should make efforts to put in place conducive legal frameworksfor the ICT sector. For instance, make laws that will not be restrictive of some rights as it’s the case nowadays. And also, they shouldincreasingly respect the rights of citizens to access  information, to freedom of expression and to privacy.To intermediaries (telecoms), I suggest they remain neutral and aim to protect the privacy anddata of users of their services despite pressure from government.

To us, as part of civil society, I will suggest to continue advocating for internet freedoms in law and in practice and to require other stakeholders to respect certain fundamentals rights. Civil society, through campaigns and advocacy must raise awareness among internet users of the needforresponsibility in their actions and usage of internet.

Finally, having attended two forums (2015 and 2016), I am proud to have networked and got connected to influencers andinternet freedomactivists in Africa and beyond. Thanks to the Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa (CIPESA) and to all the partners for facilitating my attendance.

To follow the online discussion: #FIFAfrica16 @Cipesaug

Blaise Ndola (@BlaiseNdola)

Web activism/Communication/blogger

A Goma, de l’électricité seulement pour les officiels

En RDC et plus particulièrement à Goma, nous avons souvent des problèmes d’électricité. Mais mon quartier est une exception. Il y a une rareté des coupures intempestives d’électricité. Sans doute grâce à la magie des officiels…

J’habite un quartier résidentiel de la ville de Goma. Nous sommes desservis en électricité par la même cabine électrique que la résidence de la première dame de la république. Trois autres hôtels de luxe, situés juste à côté, accueillent souvent des réunions et des conférences.

Leur présence dans la ville apporte des changements. Mais malheureusement, tous ces changements disparaissent après le passage des officiels. Sans suivre les informations à la radio, deux nuits successives dans le noir me suffisent pour savoir le départ du Raïs, de la première dame et des autres officiels de passage dans la ville.

Une série d’interrogations

Ces officiels sont-ils aussi électriciens et sont-ils de passage pour résoudre les pannes de la SNEL (Société nationale d’électricité) ?

Ce qui est sûr, c’est que dans mon quartier, la présence du Président de la république donne des moments de joie et de détentes avant que tout ne redevienne « normal » après son départ !

Vivre à côté des officiels, c’est la fête !

Cette situation s’observe aussi dans d’autres quartiers de la ville où habitent des officiels en permanence. Tous les voisins, citoyens ordinaires bénéficient de certains privilèges au détriment du bas peuple, qui paye le prix en subissant des semaines sans eau ni électricité.

Le secteur de l’électricité n’est pas le seul à s’améliorer avec la présence des officiels. Les routes aussi sont bien meilleurs. Elles redeviennent propres et bien arrosées afin d’éviter la poussière. Comme par miracle, les chantiers reprennent et des policiers s’alignent avec des tenues neuves sur chaque rond point.

Mon rêve serait que toute la province soit équipée d’électricité et de routes entretenues même quand il n’y a pas d’officiels de passage !

Blaise Ndola (@BlaiseNdola)

La version originale de l’article est sur le site HabariRDC sur le lien suivant: http://habarirdc.net/a-goma-de-lelectricite-officiels/

Rencontre avec des enfants « Pères ».

Un enfant père pret d'une pirogue. credit photo: Blaise Ndola

Un enfant père prêt d’une pirogue. crédit photo: Blaise Ndola

Le chômage devenu monnaie courante dans mon pays la République Démocratique du Congo, certains parents ne sont plus en mesure de répondre aux besoins élémentaires de leurs enfants. Des plus en plus des enfants ne vont plus à l’école et d’autres quittent leurs familles à « la recherche de la vie ». Ainsi, la rue peut désormais avoir des enfants. C’est sont ces enfants que j’appel ici des « enfants pères » car ils font ce que feraient leurs pères, en difficultés pour certains. Je suis partis à la rencontre de ces combattants.

@Blaisendola

Ce phénomène est rependu dans plusieurs pays africains, et mon pays ne fait pas exception. Durant mon séjour à Bukavu, dans la province du sud-kivu , je me décide de briser le silence et en parler. Pour ça, je m’arrête un instant, je constate sur la route un nombre si important des véhicules des services publics congolais, ONG locales et internationales avec la protection et l’éducation de l’enfant comme leur cheval de bataille. Cependant, je suis désolé de constater que les enfants non encadrés sont toujours aussi nombreux sur les rues où passent ces mêmes véhicules. Il fallait alors approcher certains de ces enfants pour savoir comment ils se sont transformés en pères avant l’âge.

Sur ma route je croise Pascal, un jeune garçon âgé de 12 ans. Bientôt une année qu’il travaille comme vendeur ambulant des beignets et des galettes pour des particuliers. Il doit donc faire le tour des 3 communes de la ville avec son petit bassin à la tète pour écouler sa marchandise. Pour un total de 7 jours, seule la recette du 7ème jour lui est rendue en totalité comme salaire. En moyenne, il peut recevoir 10 000 Francs Congolais (légèrement plus de 10$ USD) par semaine. Avec ça, il peut se payer des habits, et économiser un peu d’argent pour espérer revenir un jour à l’école et poursuivre ses rêves. Il affirme avoir quitté son village de Kabare vers le nord de la ville avec beaucoup d’autres enfants en âge d’école, mais sans moyens financiers pour y aller et tous maintenant entrain de travailler dans la ville.

Marché de Mashinji au sud Kivu à Bukavu. credit photo: Blaise Ndola

Marché de Mashinji au sud-Kivu à Bukavu. crédit photo: Blaise Ndola

Au courant de la même journée, je me décide de visiter un autre endroit et voir ce qui s’y passe. C’est ainsi, que je me retrouve dans un marché des fretins appelé « mashinji » qui veut dire « quai ». Un grand marché qui sert aussi de quai pour les pirogues en provenance de l’île d’idjwi avec à bord fretins, ananas, sombé et d’autres produits des champs à vendre au dit marché. Le sol rouge et argileux, mélangé aux eaux des ruisseaux qui se déversent dans le lac produisent une boue extraordinaire servant de tapis du marché. Ici, le phénomène « enfants pères » est aussi bien présent. Le nombre important des enfants moins de 18 ans, à bord des petites pirogues de pêches et d’autres sur le sol est important. Ils sont entrain de marchander avec des clients adultes le prix de fretins qu’ils ont pu ramasser ci-et-là dans les pirogues. Tous ces enfants ont leur place ailleurs, mais ils sont contraints d’être là pour la plupart.

Je ne sais pas trop qui blâmer car il y aussi de ses parents irresponsables qui envoient leurs enfants indirectement sur la rue. Une chose sûr et certaine est que ces enfants non éduqués, mais dont j’admire le courage, constituent une bombe à retardement pour le Congo. Il est temps de cesser de voir cette réalité en face sans agir. Du reste, le coté résilient des enfants africains m’apprend beaucoup.

Blaise Ndola, Storyteller

La surveillance sur internet, une réalité en Afrique aussi! cinq questions importantes sur la surveillance.

Internet est sans doute une des grandes inventions de l’homme. Il allège la vie à ce dernier, tout comme la rend lourde des fois. Son utilisation n’est pas aussi safe que nous pouvons le souhaiter. Les pays en voie de développement s’approprient aussi petit à petit cet outil mais sont le plus exposé à la surveillance. La cyber sécurité avec les cyber crimes sont une réalité au même pied que la guerre au sud comme au nord.

En RDC et dans les pays en voie de développement où le e-commerce n’est pas développé, la cyber sécurité intervient plus pour les réseaux sociaux et la messagerie électronique. Tous les utilisateurs de ces derniers sont exposés; hommes politiques, activistes des droits humains, journalistes jusqu’au simple citoyen. La surveillance en ligne fut rependue en Afrique à la veille du printemps arabe pour se rependre partout sur le continent et prend de l’ampleur durant les périodes d’instabilités politiques.

Arsène Tungali (@arsenebaguma), expert Congolais en gouvernance de l’Internet et en sécurité web nous pousse à se poser cinq questions très importantes à l’ère où la surveillance sur internet est plus que réel.

Protéger quoi ?

Tous les utilisateurs d’internet ont quelque chose à protéger. La sécurité sur internet n’est pas l’apanage d’un seul petit groupe. Pour le plus grand nombre d’utilisateurs, il ‘agira ici de la vie privée, de l’intimité que des informations ou données secrètes qu’il ne faut pas rendre public ou partager avec un certains groupes des personnes.

Protéger contre qui ?

Ici, il ne faut pas aussi limiter la surveillance à ses « inventeurs » qui sont dans la plupart des cas les Etats au travers de leurs services spécialisés. C’est au départ ces Etats qui surveillaient les activités de certaines personnes en période de crise pour des raisons d’Etat. L’inverse peut aussi s’appliquer quoi que ceci ne soit pas courant. Le piratage récent du compte Twitter d’un homme politique Congolais, d’après ses propres propos, en est la preuve. Bref, chacun ou chaque camp doit se protéger contre l’autre.

Pour quoi je dois me protéger ?

Il faut se protéger car on dispose de ce que l’autre n’a pas ou peut vouloir avoir pour n’importe quel usage. Cette chose peut être soit une information secrète et capitale, des données très importantes, les coordonnées bancaires, la vie privée que quelqu’un veut savoir ou dévoiler au grand public et aussi la personnalité que l’on veut salir.

De quoi est-il capable ?

Connaitre la capacité de nuisance de son adversaire permet de bien mener le combat. Ca aide à savoir quelle artillerie utiliser. C’est aussi le cas de la guerre en ligne, il faut savoir la capacité du « hacker » pour s’en protéger. Le risque couru suite à la sous et/ou sur estimation de son adversaire est trop grand. Aussi, ne faudra pas oublier que les capacités de l’adversaire peuvent diminuer ou s’accroitre avec le temps.

Qu’est ce qui se passe quand on est surveillé?

C’est vrai que toute issue d’une surveillance réussie est mauvaise ou nuisible pour la victime. Mais cette nuisance peut être relative selon les activités de la victime ou ce qu’elle possède comme informations à protéger ou alors le rang qu’elle occupe dans la société. Pirater un compte d’un élève n’aura pas les même effets que celui d’un journaliste d’investigation par exemple ou d’un homme politique. Quand on est sous surveillance, tous ses mouvements et activités, partages d’informations et les personnes avec lesquelles on partage ses informations, correspondances sont contrôlées par un homme (man in the middle pour certains cas) avec toutes les conséquences qui s’en suivent.

La notion de la surveillance n’est pas étrange à notre monde. J’invite donc tous les utilisateurs d’internet à plus de vigilance et à ne pas enlever ces questions de leurs tètes quand ils penseront surveillance ou sécurité.

Une Version adapté de l’article est sur la plate forme Waza Afrique de RNW: https://www.facebook.com/wazaafrique

Blaise Ndola