Avoir 20 ans à Goma

Avoir 20 ans à Goma, c’est avoir passé toute son enfance dans une région minée par de nombreux conflits et avoir été bercé par les coups de canon. Entrer dans l’âge adulte dans un environnement où il est difficile de se projeter mais où il reste possible de rêver.

Justin Muhire.  Un aspirant politicien.

Justin Muhire. Un aspirant politicien.

Diplôme d’État (bac) en poche, c’est le moment d’intégrer l’université, quand on peut se le permettre. On rêve d’une belle carrière, de préférence au sein d’une institution internationale, d’un riche prince charmant, ou d’ailleurs…

Grace Kabera une jeune fille de Goma.

Grace Kabera une jeune fille de Goma.

Grace Kabera, étudiante en psychologie, rêve d’une carrière scientifique et pourquoi pas d’une vie conjugale épanouie. « Je veux servir mon pays, apporter ma contribution pour son développement », confie-t-elle. Mais s’il fallait choisir, elle privilégierait sa carrière. Une vision que ne partagent pas forcément la majorité des jeunes gomatraciennes.
« Les conversations entre filles tournent généralement autour du mariage. Elles sont nombreuses à voir les études comme une étape, en attendant de se marier. La finalité c’est qu’elles laissent tout tomber dès qu’elles ont trouvé un homme assez riche pour les entretenir », regrette-t-elle.

David Thsikeya.  Apres son Bac, il veut aller à l'université pour en fin avoir un boulot.

David Thsikeya. Apres son Bac, il veut aller à l’université pour en fin avoir un boulot.

Achever ses études universitaires et décrocher un emploi dans le système des Nations Unies ou au sein d’une ONG internationale. Voilà ce qui fait rêver dans l’ensemble les jeunes de cette tranche d’âge qui ont la chance de fréquenter des établissements d’enseignement supérieur. Décrocher son premier emploi relève du parcours du combattant. Un brillant parcours académique n’y change rien. Mais on s’accroche, en espérant que ça ira mieux demain.

Un jeune de Goma qui fait de l'art pour vivre, il n'attend pas avoir un bureau lui...

Un jeune de Goma qui fait de l’art pour vivre, il n’attend pas avoir un bureau lui…

Pour ceux qui ne peuvent pas aller à l’université, c’est le chemin de la débrouille et des petits métiers informels, « en attendant que la situation du pays s’améliore ». C’est le cas de David Kaandi qui gagne sa vie grâce à ses talents de plasticien. « Je n’attends plus rien de l’État. Le peu de revenus générés par la vente de mes œuvres me permettent de subvenir à mes besoins directs »
Avoir vingt ans à Goma c’est savourer les moments de paix sans oublier qu’on n’est jamais à l’abri d’un énième rebondissement. Tout abandonner, aller se refugier quelques temps, revenir et reprendre sa vie.
Mais le point commun entre tous, c’est l’espoir.

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