Un forum sur la paix et la cohésion sociale à Goma à la veille des élections entre acteurs politiques et membres de la société civile pour la paix et le relèvement.

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Dans le cadre du projet Solution pour la Paix et le Relèvement fiancé par l’USAID au travers son projet Solution pour la Paix et le relèvement, pendant quatre jours les acteurs politiques, membres de la société civile et du Cadre Provincial de Plaidoyer du Nord-Kivu sous la modération de la Communauté Economique des Pays de l’Afrique Centrale se réuniront pour traiter des importantes questions pour la cohésion sociale et la recherche de la paix.

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Plusieurs acteurs politiques de partis de la majorité au pouvoir comme des partis de l’opposition, des membres de l’administration publique et de la société civile venant de grandes villes du pays tous réuni à Goma à l’hôtel Cap Kivu ont traité en premier jour des questions très importantes allant de la présentation des plans de plaidoyer pour le développement certains territoires sous-développés de la province du Nord-Kivu, du rôle de la justice, de l’armée et des services de sécurités pendant la période de paix tout comme celle de guerre, des conflits fonciers qui seraient soutenus par des hommes politiques, du genre et de la participation des femmes dans le processus de paix et dans la vie politique jusqu’à la présentation des cahiers de charges des femmes et personnes marginalisées.

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Ce que personnellement j’ai trouvé d’important en ce premier jour du forum est son opportunité vu les élections qui approchent et qui devraient se dérouler dans un climat de paix et avec un niveau d’inclusion plus élevée des femmes et des personnes marginalisées que lors des dernières élections.  En plus, le débat était ouvert et tous les groupes des participants se sont exprimés sans peur ni retenue en présence des autorités politico-administratives.  Ces dernières ont aussi eu un droit de réponse. La marche vers une cohésion sociale est amorcée et devra aboutir avec l’implication de tous.

Le forum se poursuit pour les trois prochains jours, c’est à dire le 19, 20 et 21 septembre 2018 qui est la journée mondiale de la paix. Je profite de l’occasion pour encourager les participants à bien défendre les intérêts des groupes qu’ils représentent et qu’ils privilégient l’approche inclusive de toutes les communautés et couches de la population à la gestion de la chose publique et au processus de paix comme une des solutions pour la paix et le relèvement.

Suivez le déroulement du Forum sur le comptes twitter de USAID et de la BloGoma au moyen des mots clés #MonVoteMonDroit #NinaChaguwaKwaAmani  #MonVotemaPaix  #BloGoma.

Blaise Ndola

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Quand l’église devient la bête noire du pouvoir de Kinshasa.

cathedrale notre dame de paix de Bukavu, Sud Kivu, RDC

Textes compilés par Jean-Fraterne Ruyange

Dans son texte, Fraterne nous présente le synopsis du film retraçant la galère de la Majorité Présidentielle face à l’évêque protestant :

En « guerre déclarée » contre l’Église catholique, les politiques de la RDC se sont réfugiés chez les protestants pour honorer la mémoire des héros nationaux Laurent-Desiré Kabila et Patrice-Emery Lumumba. Par surprise, ici aussi l’orage a frappé. Les cieux se sont assombris pour la famille politique de Kabila, comme si la trajectoire d’un ouragan qui ne cherchait qu’à s’abattre sur elle était à ses trousses.

En trébuchant sur Mosengwo, la Kabilie est tombé sur un EKOFO faisant de son homélie en une excellente leçon de patriotisme. Avec des mots clairs et sans détours, telles des claques pour remettre les neurones de la classe politique en place, l’évêque protestant a donné un contenu magistral à l’adjectif « médiocre ».

Cette vérité sortie nue du puits était de nature à mettre à plat les batteries de la MP. Après la défaillance de l’opposition et des mouvement citoyens, la révolution tant attendue en RDC viendra-t-elle finalement de l’église ?

La révolution viendra t-elle de l’Église? s’interroge Innocent Buchu.

L’attachement de l’Église au Peuple congolais est visiblement une réalité souhaitée. un besoin, une illumination, un trajectoire de la lumière vers un pays plus beau qu’avant. Les beaux et longs discours des politiciens sont obsolètes. Même sans microscope on sait reconnaître que le peuple n’a plus confiance en eux. C’est normal, lentement, péniblement le peuple a tout compris.

Ils ont signé l’accord et n’ont pas eu le temps ni le courage de l’expliquer au peuple. Les politiques ont faillis à leur mission, les mouvements citoyens sont aussi abattus. Ils dispersent leur énergie dans des luttes aux buts partagés pour finir en « bagatelles ». La situation politique de la RDC inquiète jusqu’à réveiller même les plus mous et le plus dociles. « Seul qui ne vit pas au Congo peut se taire »! L’Église vient ménager le village à fin d’être au milieu comme il se doit.

Toutes ces phrases qui tourmentent la quiétude du pouvoir étaient imprévisibles surtout venant de la part de l’ECC. C’est en tremblant que les membres de la MP présents dans la messe ont reçu la parole édifiante du Monseigneur EKOFO. C’est un combat, une lutte pour la lumière et la vérité. Un bon exemple de la non violence, il ne suffit pas de le dire mais de le vivre.

La constitution, l’accord, la Bible c’est pareil! On ne libère pas un peuple, le peuple se libère !

De sa part, Blaise Ndola n’appuie pas cette confusion qui vient s’imposer entre « foi » et « positionnement politique » :

Je voudrais plutôt appeler ici à dissocier la « foi » des couleurs politiques ou bien le positionnement politique au pays actuellement. Il est évident que le comité de coordination des Laïcs, une institution reconnue au sein de l’Archidiocèse de Kinshasa, était la première institution à caractère religieuse à se lancer ouvertement sur ce terrain au travers de l’opération « Trompette de Jéricho » lancée en collaboration avec certains mouvements citoyens. Toute l’église catholique, à travers ses différentes diocèses et paroisses, n’avait pas suivi ce mot d’ordre. Je me rappelle même des propos du Monseigneur Marcel UTEMBI, président de la CENCO et Archevêque de Kisangani, qui avait dit que les réalités se diffèrent pour chaque diocèse et que chez lui à Kisangani les cloches n’allait pas sonner.

Dire ici que le positionnement par rapport à la situation politique actuelle du pays était liée à l’appartenance à une quelconque foi ne serait pas logique. Tous les catholiques n’ont pas la même position quant à ce. Récemment, le Monseigneur Jean-François EKOFO, lors de la messe en mémoire des héros nationaux a aussi pris position en dénonçant même l’inexistence de l’État au Congo.

Dans son camp, appelé le camp des protestants, il est aussi loin de faire l’unanimité. Certains pasteurs des églises dits « de réveil » continuent d’apporter leur soutien indéfectible aux actuels autorités du pays. Il ne serait pas donc question de « foi » mais plutôt une question de perception personnelle de la situation. Sans oublier que les dits responsables des églises qui prennent position, influencent plus d’un de leurs fidèles.

Chez les catholiques comme chez les protestants, les propos des leaders religieux ne sont pas encore unanimes. Aussi, les deux grands regroupements religieux majoritaires au pays ne sont pas les seuls. D’autres regroupements religieux jusqu’à preuve du contraire soutiendraient encore le régime en place.

Dans son texte, Bienfait Akilimali, quant à lui, trouve la voie de sortie dans ce virage de l’activisme du civil à l’activisme religieux :

De l’huile sur le feu. Entre majorité et opposition, l’église a fait son choix. Après que les anti-Kabila dans toutes leurs couleurs (RASSOP; mouvements citoyens, société civile) aient essayé, en vain, toutes les démarches pour mener à l’alternance démocratique, c’est bien le tour des confessions religieuses. De l’activisme « civil » à l’activisme « religieux »; ne serait-ce pas une voie vers la solution ?

Les hommes de Dieu (évêques et pasteurs) vexés par « la mauvaise foi » du pouvoir manifestent leur dégoût. Désormais ils ne loupent pas l’occasion d’exprimer leur engagement aux coté du peuple chaque fois que les yeux et les oreilles se tendent vers eux. C’est, sans nul doute leur nouvelle stratégie. Ils estiment qu’il est temps que le pouvoir soit rendu au souverain premier, le peuple, pour qu’il se choisisse d’autres représentants pour le bien de tous.

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La premiere version de l’Article collectif est apparue sur le blog de Jean Fraterne.

 

La Touche Donald Trump dans l’exploitation minière dans l’Est de la RDC.

Par Junior Sikabwe et Blaise Ndola

C’est depuis le 31 janvier que la nouvelle administration américaine de Donald Trump a annoncée la suspension de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, cette loi du nom du sénateur qui l’avait initié, a été adoptée par Barack Obama en juillet 2010. Elle visait à empêcher le commerce de minerais de zones de conflits dans l’Est du Congo. Cette loi a occasionné la fermeture de nombreuses entreprises minières congolaise avec tout ce que cela comporte pour les négociants et exploitants artisanaux et sur la situation socio-économique de la population.

Mine d'OR en Ituri, RDC

 

La loi Dodd Frank aussi appelée loi Obama par les exploitants miniers congolais avait été initiée dans les soucis d’éviter à ce que les revenus de ressources naturelles de l’est de la RDC n’alimentent les conflits dans cette région meurtrie par des guerres à répétions et/ou les bandes armées règnent en maitre depuis des décennies.

Cette législation obligeait donc les entreprises américaines cotées en bourse de déclarer si elles utilisent de la tantalite, de la cassitérite, du tungstène, de l’étain et/ou de l’or, que ces minerais ne proviennent pas de zones rouges de l’Est de la RDC tel que Walikale.

Huit pour cent seulement de conflits en RDC sont liés aux ressources naturelles

Quatre ans après la mise en vigueur de la loi, en septembre 2014, 70 experts (chercheurs et académiques) avaient dans une lettre ouverte critiquer les conséquences de la loi Dodd Frank par rapport aux conflits dans l’Est de la RDC. Pour ces experts les dispositions légales de cette loi n’avaient pas apporté des changements tel que souhaité par le législateur. Selon Séverine Autesserre, professeur de Science politique au Barnard College et d’autres experts de l’ONU, seulement 8% de conflits dans l’Est de la RDC avaient rapport aux ressources naturelles.

Un manque à gagner pour les exploitants artisanaux, et effets sur le sociale de la population.

Exploitants artisanaux des minerais en RDC. Photo CNCD.BE

Entre 8 et 10 millions de personnes au Nord et Sud-Kivu vivent directement ou indirectement de l’exploitation de ressources minières dans l’Est de la RDC. Aujourd’hui les exploitants artisanaux dans les sites miniers de Walikale vivent de seulement 1,5 $ de revenu journalier, et cela, dans les pires conditions de travail et sanitaires. Ces exploitants ont vu leurs revenues réduites depuis qu’est entré en vigueur la loi Dodd Frank.

Ben Bradley, un chercheur et réalisateur d’un documentaire sur les conséquences de la loi, s’inquiétait sur les effets de la loi dans l’Est de la RDC, se demandant s’elle n’arrangeait bien que ceux qui vivent à de milliers de kilomètres d’Afrique, allant jusqu’à dire « les mineurs congolais payent pour la bonne conscience des occidentaux ».

Les négociants miniers congolais pour la suppression de la loi

La loi Dodd Frank a pour certains observateurs diminuée l’entreprise de vente de minerais par les groupes armés, même s’il est difficile de prouver que l’exploitation est la cause de viols et autres atrocités dans l’Est de la RDC. Il n’est pas facile d’établir le rapport entre recrudescences de conflits dans cette sous-région et exploitation minière. « Les minerais du Nord Kivu n’alimentent pas les conflits armés. A Beni, on tue les gens tous les jours, est-ce qu’il y a de minerais à Beni ? Il revient au gouvernement de mettre fin à la guerre et pas d’appauvrir la population par des telles lois» affirme Sadoc Kitsa, président de l’association de négociants miniers du Nord-Kivu.

Avec la suppression de la section 15-02 de la loi Dodd Frank, nous espérons voir une redynamisation de l’exploitation minière dans l’Est de la RDC, ce qui aura un impact positif sur l’amélioration des conditions socio-économiques de la population du Nord Kivu.

Blaise Ndola et Junior Sikabwe

La version premiere de l’article a été publiée sur HabariRDC.net (https://habarirdc.net/donald-trump-lexploitation-miniere-lest-de-rdc/)

Forum on Internet Freedoms in Africa 2016. My testimony

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Through presentations and interventions at the Forum on Internet Freedom in Africa 2016 (FIFAfrica16),I learned about different ways Africanscountries are stifling citizens’digital rights. But the most important at this level is that through these presentations and experiences shared, I realized that the battle for Internet freedoms is as important as ever because internet shutdowns, abuses of courts of law, blockages of websites and content removals continue to find their place on the continent.

Coming from the Democratic Republic of Congo (DRC), I became aware of the work I have to do as an Internet freedom fighter and web activist once back home. Apart from that, I also realized the high level of danger faced byinternet users when their privacy or personal data are not protected by themselves and by intermediaries (Telecoms). We need to fight at all the levels, first against practices of telecoms who are ready to respond governments’ requests to release information of their customers and then, to call upon policy makers to enact laws that will reinforce rights of citizens to privacy and freedom of expression.

Access to the internet and internet freedomshould now become fundamental rights in African societies. At the same time, we should also fight the normalization of online violence against women and for gender equity in access to digital tools.

As suggestions to African governments, they should make efforts to put in place conducive legal frameworksfor the ICT sector. For instance, make laws that will not be restrictive of some rights as it’s the case nowadays. And also, they shouldincreasingly respect the rights of citizens to access  information, to freedom of expression and to privacy.To intermediaries (telecoms), I suggest they remain neutral and aim to protect the privacy anddata of users of their services despite pressure from government.

To us, as part of civil society, I will suggest to continue advocating for internet freedoms in law and in practice and to require other stakeholders to respect certain fundamentals rights. Civil society, through campaigns and advocacy must raise awareness among internet users of the needforresponsibility in their actions and usage of internet.

Finally, having attended two forums (2015 and 2016), I am proud to have networked and got connected to influencers andinternet freedomactivists in Africa and beyond. Thanks to the Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa (CIPESA) and to all the partners for facilitating my attendance.

To follow the online discussion: #FIFAfrica16 @Cipesaug

Blaise Ndola (@BlaiseNdola)

Web activism/Communication/blogger

RDC: et quand Kabila et l’occident sont suspectés de tout.

jeton de vaccination contre la meningite, coté face. credit photo Blaise Ndola

jeton de vaccination contre la méningite, coté face. crédit photo Blaise Ndola

Avec la tension actuelle en RDC autours des questions électorales, tout est devenu objet des suspicions. Des rumeurs circulent aussi bien que la bonne information à une double vitesse. Quelques jours après le lancement de la campagne Men A ; campagne de vaccination contre la méningite A, le président Kabila et l’occident se voient porter le chapeau.

@BlaiseNdola

Le président Kabila veut neutraliser tous les jeunes.

Plus d’une personne ne fait circuler cette rumeur au pays et plus particulièrement à Goma suite à cette campagne de vaccination qui ne cible qu’une tranche d’âge; des jeunes et enfants. Il est dit que le président « veut neutraliser toute la jeunesse congolaise enfin que cette dernière ne puisse pas, un de ces jours, avoir la force de manifester contre l’inavoué et improbable 3ème mandat ».

La méningite, une maladie dangereuse que nous connaissons tous, et qui s’annonce sur toute la ceinture méningitique de l’Afrique ne saura pas identifier nos couleurs politiques. Les membres de la majorité comme de l’opposition font vacciner leurs enfants et eux même se font vacciner, ceux de l’opposition et de la société civile font la même chose. Mais qui donc propage cette fausse rumeur ? Un vaccin aussi testé et approuvé par notre ministère de la santé et l’OMS et tous les autres partenaires de la RDC jouirait quand même d’une crédibilité.

Les « blancs » veulent nous rendre stériles

La deuxième grande rumeur qui circule à Goma maintenant est que «  les blancs veulent anéantir toute une génération des noires ». Ce vaccin serait pour certains conçu pour rendre stérile filles et garçons. Et ainsi, dans 20 ans il n’y aura plus des jeunes au pays et toute une génération pourra disparaître. Chers blancs, vous nous haïssez vraiment jusqu’à ce niveau là? Et nous les noires, nos les haïssons à ce point?

Il faut donc une forte mobilisation

Je prie au gouvernement congolais et à ses partenaires des renforcer la sensibilisation. Au besoin, d’appuyer celle-ci par des images d’eux ou de leurs enfants prenant le vaccin pour que les thomas puissent croire en fin. Moi, je suis vacciné, et le lot de mon vaccin est le numéro 127T5018.

 

Jeton de vaccination contre la meningite. credit photo Blaise Ndola

Jeton de vaccination contre la méningite. crédit photo Blaise Ndola

Peuple Congolais, soyons vigilants, éveillés et intelligents. Ne laissons pas la place aux rumeurs pendant cette période cruciale que nous sommes entrain de traverser. Que chacun fasse ce qu’il fait bien et comme il le faut et laissons le président et les occidentaux faire aussi ce qu’ils font bien et comme il le faut. Les rumeurs sont destructrices.

Je suis pour le respect de la constitution en RDC, l’accès à la bonne information et non aux rumeurs. Allez vous faire vacciner, le président ni les partenaires occidentaux n’ont pas empoisonné le vaccin.

Blaise Ndola

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J’avais eu la peur de ma vie!

Après un bon séjour au Burundi, précisément à Bujumbura, il m’a fallu rentrer au Pays. Je devrai prendre un bus pour Uvira et après un autre pour Bukavu. Ceci prend tout au plus 6heures de route. Mais ce jour-là, ce n’était pas le cas. C’était plus pire, plus long et plus effrayant que d’habitude.

A l’arrêt bus à Bujumbura tout a commencé normalement à 9h00 du matin, nous avons traversé Gatumba, le beau paysage du delta de la Ruzizi, pour chuter par le territoire d’Uvira en RDC. Après une heure de route après la cité de Sange, nous sommes dans la petite brousse avant d’atteindre la cité de Kamanyola. Bien accrocher sur ma fenêtre à bord du Bus, je prenais des photos et contemplais ce beau paysage plein des mystères et taché d’une histoire sombre.

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Soudain, je vis la route couper en deux. Un pont s’était effondré suite aux fortes pluies de la veille. Il fallait alors faire un chemin détours passant par la forêt. Nos visages devinrent renfrogner au fur et a mesure que l’on quittai la brousse pour foncer dans la forêt. On avait tous peur. Dans cette zone où tout peut arriver et où rebelles et populations sont confondus. J’avais cru qu’on allait vite traverser.

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Nous avons dû descendre du véhicule pour réduire le poids pour permettre au bus de passer dessus la boue et les racines d’arbres. Un peu en avant, on rencontre d’autres voitures, elles aussi rangées sur une file. Cette petite ruelle où ne pouvait passer deux voitures au même moment était en premier l’œuvre d’un groupe des jeunes du village.

En fin de compte, on n’avait fini par passer trois heures au milieu de cette brousse où il n’y avait ni soldats, ni policier. A gauche comme à droite ; des arbres. Je ne sentais plus la fatigue, ni la famine. Ce qui me passait par la tête, c’était qu’un groupe de rebelles surgisse de la brousse et nous tuent ou soit pillent toutes les marchandises que possédaient les commerçants. Je priai intérieurement et pensai à tous ceux que je connaissais et qui sont morts dans des telles circonstances. J’avais eu la peur de ma vie.

Ceux qui étaient devant nous partaient et nous laissaient avec un regard de pitié. Mais il fallait qu’ils traversent pour laisser la voie aux autres bus. Désespérer, en fin, j’ai vu aussi notre bus traverser la petite rivière que surplombait ce pont écroulé. Je me suis vite précipiter dans le bus que j’attendais déjà sur l’autre rive et avions repris la route pour en fin arriver à Bukavu le soir vers 18h00.

 

Bâtir la Paix au Nord-Kivu ? Oui, Des jeunes peuvent le Faire. Portrait d’un Jeune Leader

Il aime bien les rencontres qui font reflechir des jeunes

Johnson ISHARA BUTARAGAZA, 26 ans, connut à Goma sous le pseudo de « Lumumba », est un jeune qui croit en la Paix. Il s’installe à Goma dès le bas âge, y poursuit ses études primaires et est en train d’y finir l’université. Il s’y intègre très rapidement et débute avec son activisme. Pour lui, l’activisme est son destin de par la signification de ses noms. « ISHARA » qui veut dire ‘merveille’ et « BUTARAGAZA » qui veut dire ‘invincible’. Il se caractérise par un charisme et un fort patriotisme.

Il s’investi tôt dans les activités culturelles du genre géni en herbe, lecture et théâtre dans des mouvements et structures des jeunes. Ce qui lui permit de mieux se découvrir. Il lut un adage d’Albert Einstein qui le révolte et lui donne une autre vision de la vie active: « Ceux qui détruisent le monde ce n’est pas ceux qui font le mal, mais ceux qui regardent sans agir ». Ainsi, il se décide de toujours briser le silence face au mal.

Il mène actuellement un combat pour rassembler les communautés, travaille avec toutes les couches de la population : les jeunes et les vieux pour résoudre ce conflit de génération. Ensemble ils débattent sur des thématiques qui les divisent.

 

« Si à un certain moment on a mobilisé beaucoup d’énergies, beaucoup d’efforts pour enrôler les jeunes dans les groupes armés, on peut aussi mobiliser les mêmes efforts, les mêmes énergies pour arriver à désorienter les canons et les inciter à bâtir la paix », croit fermement Monsieur Ishara.

Johson ISHARA en plein ravail de rensembleur

Il choisit plutôt la voie pacifique ou la non-violence pour bâtir la paix dans cette région où on a déjà mal de la violence. Formateur en matière de résolution des conflits, de leadership citoyen et d’organisation de communautés ; avec son organisation, ils ont réussi à rassembler les jeunes des différents territoires au sein des ‘espaces d’échange et de dialogue permanents’.

Ishara ne recule devant rien malgré les menaces qu’il reçoit et risques qu’il court en parcourant ces villages où règne la loi de la jungle. Actuellement point focal du Club As de la semaine, formateur et assistant technique au Conseil Provincial de la Jeunesse du Nord-Kivu, il lutte pour la justice sociale et la coexistence pacifique.

Son objectif à long terme: « Une province qui n’est plus la capitale des violences sexuelles ou d’enrôlement d’enfants au sein des groupes armés, mais une capitale touristique ». Oui on peut bâtir la paix au Nord-Kivu, avec le courage et la détermination.

 

 

Blaise NDOLA