Safer Internet Day ou la journée de l’internet sûr et sans crainte: les enfants en République Démocratique du Congo ne sont pas protégés sur Internet.

Tous les 6 février, le monde entier célèbre la journée de l’internet sans crainte. Une occasion pour plaider en faveur d’un internet meilleur en encourageant les bonnes pratiques et condamnant les mauvaises. En cette occasion, j’ai conduit une séance de discussion sur la « présence en ligne ». Il aurait fallu parler des dangers et menaces qu’il y a sur internet pour qu’en fin je réalise combien les internautes congolais sont orphelins sur internet, surtout les moins âgés. Les enfants sont jetés dans ce grand océan où seuls les plus forts et avisés survivent. Aucune loi, aucun mécanisme à ma connaissance ne protège ni n’éduque les enfants congolais sur internet. Il faut agir pour espérer un internet meilleur.

@BlaiseNdola

Des jeunes congolais à la #SaferInternetDay2018 à #Goma #RDC

Cette année, 2018, le thème était, « Un meilleur internet commence avec vous ». Les internautes réfléchissaient sur les pratiques à encourager pour l’avènement d’un internet meilleur. Dans plus de 180 pays, le Safer Internet Day a été célébré sous différents formats avec comme cible principale, les jeunes et les enfants. À Goma, en RDC, Rudi International a organisé une journée de réflexion avec des jeunes et enfants venu des écoles et des universités de la place pour réfléchir sur la présence en ligne. L’objectif était de savoir ce que les jeunes et enfants font le plus souvent en ligne, de sensibiliser ces derniers sur les menaces et les opportunités qu’il y a en ligne, de leur apprendre quelques règles de précaution pour se protéger en ligne et en fin de les appeler à ne privilégier que les bonnes pratiques dans leur utilisation d’internet.

@BlaiseNdola entrain de parler aux jeunes de #Goma en #RDC en l'occasion de la #SaferInternetDay

J’ai été particulièrement surpris par les interventions des plus jeunes. Deux enfants, que j’appelle Luc et Lucienne vont faire ma journée. Ils ont tous deux en moyenne 14 ans et utilisent déjà internet. Sur la première ligne à ma droite, Luc, son badge sur le cou et stylo en main prenant notes attire mon attention. Je me tourne vers lui et lui demande ce qu’il fait sur internet.  Il dépose son stylo et me fixe sans hésitations : « Je fais des recherches pour mes devoirs, trouver des informations sur me stars de foot et de musique ainsi que tout ce que je veux ». Je me dis qu’il faut être plus direct peut-être. Lucienne était presque dans la même position que Luc mais à ma gauche, avec elle je suis direct : quand tu tombes sur du contenu adulte « pornographique» sur un site web, quelle est ta réaction?  Elle était aussi directe : « normal, je vais visualiser». Puis elle renchérie : « je ne trouve pas de danger vu qu’on en parle même à l’école entre amies et pendant le cours d’éducation à la santé, je pourrai donc voir ce que l’on nous enseigne ». Cette dernière m’avait mis k.o, mais je devrais tenir et conduire la séance jusqu’au bout.

Deux enfants mineurs congolais utilisant internet. Credit Photo Daniel Bitita, Rudi International

Même en parlant d’autres sujets dans la suite, au fond de moi, je ne cessais pas de penser à tous les enfants qui peuvent accéder à toute sorte de contenu en ligne. Un autre fait, aucun de ces enfants ou jeunes n’étaient pas pour l’idée de laisser leurs ‘’responsables » contrôler le contenu auquel ils accèdent sur internet. à l’ère du terrorisme, de l’exploitation sexuelle et diversification des choix et orientations sexuelles sur internet, les enfants, encore incapables de faire des choix réfléchis sont les premières cibles de toute sorte de prédateurs. Je suis pour l’accès à tous à internet, mais pour le contrôle du contenu auquel accèdent les enfants. La communauté des internautes fait tout pour rendre cet espace meilleur, mais les futures générations devront y participer. Malheureusement, en République Démocratique du Congo, il n’existe pas des mécanismes protégeant les enfants en ligne. Ils sont à la merci de l’internet et sont nécessairement influencés par son contenu. Les textes régissant les secteurs des NTIC au Congo sont vieux de 16 ans et muets quant aux aspects liés à la protection des enfants en ligne malgré toutes les conventions protégeant l’enfant dont la RDC fait partie.

Il faut sauver la future génération des internautes congolais des griffes des prédateurs internautes.  sous d’autres cieux les enfants sont protegés et sont avisés sur les questions de securité en ligne. Mais comment rendre cela une priorité?

Blaise Ndola

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4 réflexions sur “Safer Internet Day ou la journée de l’internet sûr et sans crainte: les enfants en République Démocratique du Congo ne sont pas protégés sur Internet.

  1. Merci Blaise, en fait c’est L’évolution. Avant c’était la télé, et puis aujourd’hui que télé a développé le contenu d’enfant, le net aussi surgit avec un tel problème. Les ministères de culture, d’éducation, et de jeunesse devraient réagir pour une limite d’âge. Si non il y aura plus ni adulte ni enfant. Confusion

  2. Il y a urgence à prendre de mesures appropriées pour protéger les enfants congolais face aux méfaits de la vie numérique comme c’est le cas sous d’autres cieux.

    Merci d’avoir abordé ce sujet qui me préoccupe au quotidien.

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